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Annie Desrochers
Le 15-18
Audio fil du jeudi 31 janvier 2019

Les dessous de la crise du recyclage, racontés par « M. Plastique »

Publié le

Une montagne formée de toutes sortes d'emballages de plastique.
Un amoncellement de plastique près de Kuala Lumpur, la capitale malaisienne   Photo : Greenpeace

Yves Noël a travaillé comme courtier en recyclage pendant les 24 dernières années. Son rôle consistait à acheter les matières recyclables, particulièrement le plastique – ce qui lui a valu le surnom de M. Plastique –, auprès des centres de tri, des usines, des chantiers de construction, etc., et à les revendre à des entreprises intéressées à les revaloriser, bien souvent à l'étranger.

J’utilise sept plateformes sur lesquelles je suis en contact continuellement, au jour le jour, avec 90 acheteurs principaux, que j’ai rencontrés, que je connais personnellement, explique Yves Noël. On est vraiment bien connectés entre pays, entre courtiers.

Selon les données de 2015 de Recyc-Québec, 60 % des matières recyclables de la province sont envoyées à l'étranger.

Le hic, selon l'ex-courtier, c’est que plusieurs entreprises acheteuses en Chine étaient illégales et se débarrassaient des matières dans l’environnement au lieu de les revaloriser, polluant sols et cours d’eau. Quand elles ont senti la soupe chaude, elles ont démantelé leurs équipements et elles sont allées s’installer au Vietnam, en Indonésie et en Malaisie, raconte Yves Noël.

Quand la Chine a fermé ses portes aux matières de l’étranger, les pays du Sud-Est asiatique se sont mis à recevoir des quantités énormes de déchets qu’ils étaient incapables de traiter. Résultat : ils ont à leur tour fermé leurs portes.

La dizaine de courtiers québécois n’ont donc d’autre choix que de tenter de trouver des débouchés au Québec pour les matières recyclables. Yves Noël s’est d’ailleurs tout récemment joint à l’entreprise Enviroplast, qui est en train de développer une nouvelle technologie pour revaloriser le plastique mou, matière qui était traditionnellement envoyée à l’étranger pour être recyclée. À la fin, on va faire une résine de grande qualité, sans contamination, précise Yves Noël.

Pour ce qui est du plastique dur, huit usines en assurent déjà le recyclage au Québec. Une fois fondu, ce type de plastique peut notamment servir à fabriquer des conduites d’eau.

Les anciens bancs du Centre Bell ont d’ailleurs été transformés en tuyaux de drainage, dont certains ont même été installés sur les terres de l’ancien joueur de hockey Pierre Bouchard.

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