Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 16 janvier 2019

Conditions de détention à Leclerc : « Unité 9, c’est le paradis! »

Publié le

Plan panoramique de l'établissement Leclerc.
L'établissement de détention Leclerc, à Laval, est classé comme prison à sécurité très élevée.   Photo : Radio-Canada

Louise Henry est incapable de regarder l'émission Unité 9. Celle qui a été incarcérée l'an passé pendant plus de cinq mois au centre de détention Leclerc, à Laval, affirme que ce qu'elle a vécu est bien pire que ce que l'on peut voir au petit écran : « Pour moi, Unité 9, c'est le paradis! »

Louise Henry a été remise en liberté sous conditions. Accusée de fraude, elle est en attente de son procès. Elle dénonce l'insalubrité dans l'établissement et les fouilles à nu inappropriées. Pour des riens, tu as des fouilles à nu, raconte-t-elle. Et les personnes qui font ça, tu vois qu'elles sont habituées à une clientèle beaucoup plus criminalisée.

Le centre Leclerc était à l’origine un pénitencier fédéral à sécurité maximale. Il accueille aujourd’hui des femmes qui y purgent des peines de moins de deux ans. Plusieurs détenues y ont été transférées lorsque la Maison Tanguay a été fermée pour vétusté, en 2016.

L’avocate Mélanie Martel a dû faire des plaintes au nom de ses clientes pour des fouilles à nu inappropriées et le manque de salubrité. Si la situation s’est améliorée pour ses clientes sur le plan des fouilles, elle estime qu’il reste du travail à faire pour la salubrité : Pour ce qui est des rongeurs, j'ai eu la confirmation qu'il n'y en a plus. Mais je vous dirais que c'est la seule chose qui s'est améliorée. Sinon, tout ce qui est salubrité, il n'y a rien qui a changé à ce niveau-là. Ce qu'on dit, c'est que ça appartient aux personnes incarcérées d'assurer la salubrité des lieux. Ce qui n’a aucun sens. Les clientes, lorsqu'elles arrivent les fins de semaine [pour leur peine intermittente], elles n'ont pas été là de la semaine.

Ces témoignages viennent corroborer les affirmations de la Coalition d'action et de surveillance sur l'incarcération des femmes au Québec, qui dénonce depuis longtemps les conditions d’incarcération au centre Leclerc. On a beau patcher des trous à une place, ça brise l'autre bord de l'aile », soutient la porte-parole de l’organisme, Lucie Lemonde, qui est aussi professeure de droit carcéral à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « Des problèmes de tuyauterie, d'aération, d'eau potable nous ont été rapportés, des problèmes d'infestation de punaises de lit, de souris, mais aussi des atteintes à des droits plus fondamentaux, comme les fouilles à nu, qui sont vraiment un problème, poursuit-elle. Nos informations ne viennent pas juste d'une source, mais de diverses sources.

La seule amélioration que Lucie Lemonde a vue au cours des dernières années est la fin de la mixité entre les hommes et les femmes détenus.

À qui la responsabilité?

La porte-parole libérale en matière de sécurité publique, Christine St-Pierre, joint sa voix à ceux qui dénoncent les conditions de détention au centre Leclerc. Elle demande à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, d’agir rapidement.

C’est le Parti libéral qui était au pouvoir au moment de la fermeture de la Maison Tanguay. Christine St-Pierre rappelle que le gouvernement avait alors commandé un rapport sur le centre de détention Leclerc, mais que les élections ont empêché les libéraux d’y donner suite. En 2017, il y a eu des constats selon lesquels les conditions de détention étaient inacceptables, entre autres que les femmes étaient mélangées avec des hommes, donc ça, ça a été réglé, mentionne-t-elle.

De son côté, le ministère de la Sécurité publique affirme que les fouilles à nu sont pratiquées en conformité avec les normes en vigueur. Il soutient aussi que les conditions d'incarcération se sont améliorées au centre Leclerc, tout comme l'accès aux programmes, aux services et aux activités.

Chargement en cours