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Annie Desrochers
Le 15-18
Audio fil du vendredi 28 décembre 2018

Le congé de maternité québécois a 40 ans

Publié le

Une photo d'une mère en train d'embrasser son bébé endormi sur un grand lit.
Le congé de maternité a 40 ans au Québec.   Photo : iStock / AleksandarNakic

Le 1er janvier 1979, le congé de maternité de 18 semaines entrait en vigueur. Pour la première fois, il garantissait la protection de l'emploi de la travailleuse durant son absence. Maintenant, le régime québécois d'assurance parentale est le plus avancé au Canada, mais les défis sont encore nombreux.

Avant 1979, le gouvernement fédéral permettait de réclamer 15 semaines d'assurance chômage. Or, cela nécessitait un savant calcul du nombre de semaines de grossesse pour y avoir droit, et certaines femmes en étaient exclues. En effet, celles qui travaillaient pour leur mari et les travailleuses agricoles ne pouvaient en bénéficier.

Et il était fréquent qu'une femme qui quitte son emploi avant de donner naissance à un enfant ne puisse plus retourner au travail par la suite. C’est ce qui est arrivé à Lise Rémillard, qui s’en était ouverte à l’émission Femme d’aujourd’hui en 1977.

« Le patron m'a demandé s'il y avait quelqu'un d'autre qui voulait travailler. Il m'a dit de venir dans son bureau, que son budget ne permettait plus de m'avoir. J'avais quatre mois de maternité. Il a dit que je pourrais me reposer, puis toute l'affaire. [...] J'ai pris mes bébelles et je suis partie. Je ne pouvais pas faire grand-chose », raconte-t-elle.

En 1979, l'emploi était désormais garanti au retour du congé pour les femmes admissibles. 
Pour Rachel Chagnon, directrice de l'Institut d'études féministes de l'Université du Québec à Montréal, c’est à partir de ce moment que le statut des femmes enceintes a réellement changé dans la société.

« La reconnaissance du congé de maternité est une grande victoire. Il visait à faire reconnaître le rôle de la maternité. Il y avait un rôle symbolique, l'idée que la maternité, c’est quelque chose d'utile à notre société, c'est quelque chose d'important, de pertinent », explique-t-elle.

Comme en Suède... ou presque

Souvent comparé à celui de la Suède, le régime du Québec est toutefois loin de l’égaler. Dans ce pays, on propose aux parents de se partager 69 semaines de congé, dont 56 semaines à 77 % du salaire. Au Québec, les parents ont droit à 50 semaines au total, dont au moins 18 avec des prestations moindres.

Les défis sont encore nombreux dans la province pour plusieurs catégories de la population, notamment les étudiantes. Marie-Pier Landry, responsable du dossier des congés parentaux étudiants à l'APETUL, l'Association des parents étudiants de l'Université Laval, décrit l'absence d'une politique de congé maternité pour les étudiantes à l'échelle de la province.

« Il y a beaucoup de manières informelles. Les mamans sont inventives pour trouver des façons de passer à travers la maternité dans un contexte d'étude. [...] Qu'est-ce qu'on fait pour accommoder une étudiante enceinte? On lui propose de s'exclure. Est-ce que ça lui permet de vivre dans des conditions décentes et est-ce que cela lui permet de poursuivre ses études? C'est la question qu'il faut se poser », fait-elle remarquer.

Le congé de maternité présente aussi des lacunes pour les agricultrices. Avec les revenus du RQAP, il leur est difficile de cesser complètement d'être actives si elles souhaitent que l'exploitation agricole poursuive ses activités. C’est le cas d’Audrey Bogemans, copropriétaire de la ferme Bogemans à Saint-Sébastien.

« Le RQAP ne permet pas des revenus suffisants pour remplacer ma présence dans l'entreprise. Je vais chercher un coup de main pour le ménage [pendant la période où] je fais du temps partiel pour l'entreprise. Je pense que, pour beaucoup d'entrepreneures, un congé complet de maternité, c'est abstrait. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut se permettre », explique l’agricultrice.

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