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Annie Desrochers
Audio fil du lundi 29 octobre 2018

Au moins 1 patient sur 10 qui se présente à l’urgence ne devrait pas y être

Publié le

Un homme attend dans une salle d'attente à l'urgence.
Une salle d'attente à l'urgence   Photo : Getty Images / Shani Miller

Un projet pilote mené à l'hôpital Chauveau, dans la région de Québec, conclut qu'encore trop de patients se présentent à l'urgence pour des cas non urgents. Selon Simon-Pierre Landry, chef du département de l'urgence de Sainte-Agathe et co-porte-parole du Regroupement des médecins omnipraticiens pour une médecine engagée, entre 10 % et 15 % des gens qui se présentent à l'urgence pourraient être vus en clinique.

Dans le cadre du projet pilote, des médecins de l’hôpital Chauveau sont allés rencontrer les omnipraticiens des cliniques environnantes. Ils ont conclu une entente avec eux pour leur transférer les patients qui se présentent à l’hôpital sans être aux prises avec un problème urgent. Un logiciel a été développé pour permettre à l’infirmière qui s’occupe du triage de savoir dans quelle clinique chaque patient doit être envoyé, en fonction de son problème et des plages horaires disponibles.

Simon-Pierre Landry insiste sur le fait que des médecins de l’hôpital Chauveau se sont déplacés pour établir la communication avec les cliniques environnantes. C’est un travail de terrain, ça ne peut pas être téléguidé à partir de Québec, croit-il.

Le médecin estime que le projet pilote a été bénéfique sur toute la ligne. D’abord, il a permis d’économiser des fonds publics, puisqu’il coûte plus cher de soigner un patient à l’urgence qu’en clinique. Ensuite, il a contribué à réduire le temps d’attente. Enfin, les patients qui ont été vus en clinique ont reçu de meilleurs soins que s’ils avaient été pris en charge à l’urgence. Je peux vous garantir que si moi, comme médecin d’urgence, à 2 h du matin, je dois faire un ongle incarné, mon attention sur l’ongle incarné va être très faible, dit-il. Par contre, si je vois le même patient dans une clinique parce qu’il a pris rendez-vous deux jours plus tôt, le patient va être très calme et je vais être très calme.

Certaines régions, dont les Laurentides, tentent d’implanter un tel système dans leurs hôpitaux. Dans ces régions-là, si le patient se fait offrir une solution qui est tout à fait adéquate pour son problème de santé, le patient n’a aucune excuse pour dire qu’il veut rester et recevoir ses soins à l’urgence, peu importe ce que ça coûte, pense Simon-Pierre Landry. Mais je ne jetterai jamais la pierre à un patient qui va à l’urgence parce qu’il n’y a aucune autre option.

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