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Alain Chainey raconte les dessous du métier de recruteur

Le 15-18

Avec Karyne Lefebvre

En semaine de 15 h à 18 h

Alain Chainey raconte les dessous du métier de recruteur

Audio fil du mercredi 24 octobre 2018
Joueurs de hockey avec gardien de but.

De jeunes joueurs de hockey

Photo : iStock

Même s'il y a « beaucoup d'amateurs de hockey qui sont un peu recruteurs dans l'âme », le métier demeure méconnu du public, pense Alain Chainey, ancien recruteur pour les Ducks d'Anaheim, dans la Ligue nationale de hockey (LNH).

C’est un travail que les gens pensent peut-être un peu trop facile, affirme Alain Chainey. Aller voir un match de hockey et évaluer deux ou trois joueurs, puis faire un rapport, ce n’est pas ça.

Selon l’ancien recruteur, il s’agit d’un métier excitant et enivrant, mais qui exige de longues heures de travail passées dans les arénas.

Être recruteur, c’est aussi vivre dans ses valises, souligne Alain Chainey : C’est beaucoup de voyagement à travers la planète hockey pour découvrir la perle rare ou des diamants bruts à polir.

Finalement, tu ne passes pas beaucoup de temps à la maison.

Alain Chainey, ancien recruteur pour les Ducks d'Anaheim

Il y a aussi un piège qui guette les recruteurs : celui de trop voir jouer un hockeyeur. Car les recruteurs peuvent aller voir jouer un jeune prometteur jusqu’à 40 fois s’il se trouve dans leurs choix de premier tour.

À trop le voir évoluer sur la glace, ils perdent parfois de vue les qualités pour ne voir que les défauts, constate Alain Chainey. On oublie les 25 matchs qu’on a vus durant la saison, où ce joueur a été extraordinaire, et pour mille et une raisons, parfois très subjectives, on va le baisser sur notre liste, ce qui est une erreur que plusieurs organisations font, soutient-il.

Ce qu’il faut pour être repêché

Les critères d’évaluation ont beaucoup changé dans les dernières années, précise l’ancien recruteur. Alors que les gros défenseurs peu agiles s’assuraient facilement une place dans la LNH il y a 15 ans, les recruteurs privilégient aujourd’hui la vitesse et l’agilité, car les accrochages et les interférences ne sont plus aussi nombreux qu’avant.

Mais ce que les recruteurs recherchent avant tout chez un joueur, c’est le sens du jeu. C’est sur qu’être un bon patineur, ça aide, mais le sens du jeu, c’est, d’après moi, ce qu’il y a de plus important, affirme Alain Chainey. Selon lui, un bon sens du jeu peut même faire d’un joueur un meilleur patineur, car il anticipe la trajectoire de la rondelle.

Il ajoute que le caractère et la détermination sont d’autres éléments importants pour un hockeyeur.

Une rencontre inoubliable avec Sidney Crosby

Toutes ces qualités, le jeune Sidney Crosby les avait sans contredit au moment d’être repêché. Alain Chainey se souvient très clairement de sa rencontre avec le jeune prodige : C’est la meilleure entrevue que j’ai eue en carrière. Il parlait comme un directeur général.

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