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Annie Desrochers
Audio fil du mardi 16 octobre 2018

Il est devenu chasseur de phoques pour mieux montrer la réalité du métier

Publié le

Quatre chasseurs madelinots tirent un phoque qu'ils viennent de tuer.
Une scène du film Chasseurs de phoques, de Nicolas Lévesque   Photo : chasseursdephoques.ca

Le photographe Yoanis Menge voulait faire découvrir le métier de chasseur de phoques afin de briser les préjugés entourant cette activité. Il a donc décidé d'en devenir un lui-même.

La mère de Yoanis Menge est originaire des Îles-de-la-Madeleine, où l'on chasse le phoque depuis toujours. Le photographe a passé son enfance à manger du phoque et à parler de chasse avec sa famille sans se douter de la controverse qui entourait cette activité. J’ai grandi avec la chasse au phoque, dit-il. Ce n’est que plus tard qu’il a compris à quel point ce type de chasse était mal vu.

Un jour, à Paris, Yoanis Menge est passé par une station de métro qui était complètement placardée de photomontages provenant de la Fondation Brigitte Bardot, sur lesquels on voyait un phoque assommer un bébé humain avec un gourdin. Je me suis senti touché par cette image, cette violence montrée comme ça dans un métro parisien, raconte-t-il.

Les animalistes ne sont jamais allés discuter avec ces gens-là, ils ont toujours pris des photos de loin.

Yoanis Menge, photographe et chasseur de phoques

De retour chez lui, il a voulu accompagner des chasseurs pour photographier leurs activités. Mais ceux-ci étaient méfiants, ils savaient que leur image était grandement ternie. Ils ne voulaient pas emmener un caméraman ou un photographe à la chasse aux phoques, donc, je suis devenu moi-même chasseur pour pouvoir embarquer sur un bateau, indique Yoanis Menge.

Il s’est procuré un permis de chasse et est parti avec une équipe de chasseurs. Il est allé aux Îles-de-la-Madeleine, à Terre-Neuve, et s'est rendu jusqu’au Nunavik.

Une activité durable

On oublie souvent que les chasseurs connaissent très bien les animaux, qu’ils connaissent très bien l’environnement, affirme Yoanis Menge. Ce sont des gens très conscients de l’écosystème et qui ont une conscience écologique.

Le photographe rappelle qu’il y a une surpopulation de phoques dans le golfe du Saint-Laurent en ce moment, et que cela exerce une forte pression sur les populations de poissons, comme la morue.

Il mentionne également qu’aujourd’hui, toutes les parties de l’animal sont utilisées : La pression des animalistes a eu ce bon côté-là. Je ne veux pas blâmer les animalistes complètement parce qu’il y a eu un moment dans l’histoire, dans les années 70, où il y avait une surchasse, et [ils] ont alors créé une espèce d’équilibre, mais d'une manière très agressive et caricaturale.

Yoanis Menge déplore que le boycottage des produits du phoque adopté par l’Union européenne ait fait s’écrouler le marché. Selon lui, une peau qui valait à l’époque 100 $ se vend aujourd’hui entre 10 $ et 20 $.

Yoanis Menge est l'un des protagonistes du documentaire Chasseurs de phoques, réalisé par Nicolas Lévesque et présenté à la Cinémathèque québécoise, à Montréal, du 16 au 18 octobre.

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