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Violences en Haïti : on savait que la tempête arrivait

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Violences en Haïti : on savait que la tempête arrivait

Audio fil du lundi 9 juillet 2018
Une rue de la capitale Port-au-Prince lundi, où règne un calme relatif.

Une rue de la capitale Port-au-Prince lundi, où règne un calme relatif.

Photo : La Presse canadienne / Dieu Nalio Chery

Pour le journaliste Étienne Côté-Paluck, qui habite en Haïti, mais se trouve à Montréal pour quelques semaines, les violences qui ont éclaté dans le pays ne sont pas une surprise. Dès le mois d'avril, le gouvernement haïtien avait annoncé qu'il mettrait fin cet été aux subventions sur les produits pétroliers.

« Ça faisait des semaines qu’on savait que ça s’en venait », dit-il.

Il explique que le gouvernement a profité du match du Brésil à la Coupe du monde de soccer et de l’éclipse médiatique qui l’accompagnait pour annoncer la mise en vigueur du retrait des subventions. « Le Brésil, c’est un peu l’équipe nationale haïtienne dans les compétitions internationales, c’était donc un match hyper important, soutient Étienne Côté-Paluck. Tout arrête au pays quand il y a un match du Brésil en Coupe du monde. »

La manoeuvre n’a toutefois pas empêché les Haïtiens de s’insurger contre la hausse du prix des produits pétroliers. Ils ont érigé des barricades à travers le pays et décrété une grève générale. D’importants pillages ont eu lieu, notamment dans des supermarchés et dans un dépôt de construction.

Lundi, il était de nouveau possible de circuler dans le pays, indique Étienne Côté-Paluck. Mais tout tourne au ralenti en raison de la grève.

Les violences se sont quelque peu calmées, affirme le journaliste. « Il reste quelques barricades, mais ce ne sont pas les grandes scènes de pillage qu’on a vues samedi matin », souligne-t-il. Néanmoins, plusieurs citoyens n’osent toujours pas sortir de chez eux.

Étienne Côté-Paluck précise que la barricade est un moyen de protestation couramment utilisé en Haïti, notamment lorsqu’il y a des pannes d’électricité. Dans le cas présent, les Haïtiens s’en servent pour forcer le premier ministre et le président du pays à démissionner.

Ce qui ne risque toutefois pas d’arriver à court terme, estime le journaliste. Selon lui, les institutions du pays sont assez fortes pour l’instant. Il croit que le gouvernement a fait marche arrière juste assez vite pour ne pas mettre sa survie en péril.

« Trois ou quatre jours de manifestations, ça s’est déjà vu », affirme Étienne Côté-Paluck.

Il n’en demeure pas moins que la situation économique d'Haïti ne va pas en s’améliorant. Depuis le séisme survenu en 2010, les Haïtiens perdent toujours plus de leur pouvoir d’achat et l’emploi est à son plus bas.

« Il y a un sentiment de délaissement dans la population haïtienne, soutient le journaliste. Elle a l’impression que le gouvernement ne s’occupe pas vraiment de ses problèmes. »

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