Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Annie Desrochers
Le 15-18
Audio fil du jeudi 31 mai 2018

La santé des femmes affectée par l’alcool : un constat que les experts ont vu venir

Publié le

On voit trois grands verres remplis de boissons colorées.
Des cocktails préparés dans un bar   Photo : iStock / Tsuguliev

La Dre Catherine Paradis, analyste principale en recherche et politiques au Centre canadien sur les dépendances et l'usage de substances, ne s'étonne pas des conclusions d'un rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé, qui indiquent que les problèmes de santé liés à la consommation d'alcool sont de plus en plus présents chez les femmes.

« Encore une fois, on observe des résultats que nous, les experts, avions annoncés depuis plusieurs années », affirme-t-elle.

Selon Catherine Paradis, l’augmentation des méfaits de l’alcool chez les femmes s’explique par le fait que leur consommation a rejoint celle des hommes.

« Ces résultats, à mon avis, sont vraisemblablement la suite des manières dont l’alcool est offert et vendu depuis 20 ou 30 ans aux femmes », dit-elle.

Elle soutient que depuis les années 1990, les femmes sont devenues la cible des vendeurs d’alcool, notamment pour les spiritueux. « On s’entend que ce genre de produit est davantage destiné à Rollande qu’à Gérard », affirme Catherine Paradis.

Elle ajoute que de nombreux bars offrent des consommations gratuites lors de soirées réservées aux dames.

La prévention, l’information, c’est nécessaire, mais ce n’est pas suffisant.

Catherine Paradis, analyste principale en recherche et politiques au Centre canadien sur les dépendances et l'usage de substances

Catherine Paradis rappelle que les femmes ne devraient pas consommer la même quantité d’alcool que les hommes en raison de leur métabolisme différent, de la même façon qu’elles ne devraient pas consommer le même nombre de calories qu’eux. « Ce n’est pas sexiste, c’est biologique », précise-t-elle.

La spécialiste fait aussi remarquer que le rapport des Québécois à l’alcool a beaucoup changé au cours des dernières années : « Traditionnellement, nous avions une culture de temps d’arrêt. Nous buvions pour célébrer, pour faire la différence entre le travail et la fin de semaine. Mais maintenant, nous buvons de plus en plus tous les jours. Alors, qu’est-ce qui arrive quand nous voulons marquer cette différence? Nous consommons plus qu’un mardi ou un mercredi. »

Une différence étonnante entre garçons et filles

Là où Catherine Paradis se dit surprise, c’est lorsque le rapport affirme que les adolescentes sont plus nombreuses à être hospitalisées pour des raisons d’intoxication aiguë. Elle affirme que toutes les études qu'elle a menées ne montraient pas une aussi grande différence entre les deux sexes.

Elle émet toutefois l'hypothèse que l’égalité entre hommes et femmes étant bien ancrée dans l’esprit des jeunes, les filles peuvent avoir tendance à boire la même quantité d’alcool que les garçons.

Chargement en cours