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Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 2 mai 2018

Crise du recyclage : le triage laisse à désirer à Montréal, pense un expert

Publié le

Des ballots de matières recyclables dans la neige, près du même centre, à Montréal, en janvier 2018 derrière des camions
Des ballots de matières recyclables près du même centre, à Montréal, en janvier 2018   Photo : Radio-Canada

« Comment se fait-il qu'on ait, en Amérique du Nord, des entreprises qui sont capables d'accepter du papier, mais qu'on ne soit pas capable de leur acheminer celui qui a été trié à Montréal? C'est tout simplement parce qu'il a été trop mal trié », soutient Marc Olivier, chercheur au Centre universitaire de formation en environnement et développement durable de l'Université de Sherbrooke.

Est-ce donc que les Montréalais trient mal ce qu’ils mettent au recyclage? « Mais non, au contraire! », s’exclame le spécialiste. « Ne mettez pas ça sur le dos des gens. Les Montréalais sont des champions. Il faut qu’ils continuent à participer. »

Le problème, selon Marc Olivier, c’est que nous avons changé notre façon de récupérer les matières recyclables afin d’en recueillir davantage. « On dit aux gens : vous mettez tout dans le bac, et les centres de tri sont équipés pour le trier. Mais est-ce que les centres de tri sont vraiment équipés pour le trier? », se demande-t-il.

Le chercheur a l’impression que certains centres, comme celui de Montréal, ont accepté beaucoup plus de matières que ce qu’ils sont capables de trier. « Ça n’a pas de bon sens! C’est comme si les centres de tri les plus problématiques n’avaient jamais réussi à séparer totalement le plastique du papier », déplore-t-il.

Il y a une accumulation de papier parce que personne ne veut acheter le papier qui a été trié à Montréal. La qualité du triage est vraiment insuffisante pour que ça rencontre les standards industriels en Amérique du Nord.

Marc Olivier, chercheur au Centre universitaire de formation en environnement et développement durable de l'Université de Sherbrooke

Il rappelle qu’en 2009, le centre de tri de Montréal avait vécu le même problème, et que la Ville avait dû lui fournir une aide de trois millions de dollars. Marc Olivier reproche au centre de ne pas avoir suffisamment modernisé ses installations avec cet argent.

C’est pourquoi il souhaiterait que cette fois-ci, l’aide financière de la Ville soit accompagnée de conditions : « Si on met de l'argent, il faut que la qualité du triage soit vraiment améliorée pour qu’on ne se retrouve plus dans cette situation. »

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