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Le 15-18

Avec Isabelle Craig

En semaine de 15 h à 18 h

Attentat à la mosquée de Québec : les choses changent, croit l’imam Guillet

Audio fil du lundi 29 janvier 2018
L'imam Hassan Guillet sourit

L'imam Hassan Guillet

Photo : Radio-Canada

Un an après l'attentat qui a fait six morts et cinq blessés au Centre culturel islamique de Québec, l'imam Hassan Guillet demeure optimiste. Malgré le discours de haine et d'incompréhension qui continue de se faire entendre, il croit que la société québécoise s'améliore.

« Le grain de l’harmonie est bien semé, et ça fait son chemin. Je le vois avec mes voisins, je le vois avec mes collègues de travail, je le vois même dans les articles de journaux, et on le voit avec les politiciens », affirme-t-il.

L’imam salue particulièrement le changement de cap des médias : « Dans le passé, les médias, plutôt que de nous parler à nous, parlaient de nous, et souvent en mal. C’était l’amalgame. Ils sont maintenant beaucoup plus ouverts et ils ont découvert que les musulmans du coin, ce sont des citoyens québécois et qu’ils ont quelque chose à dire. »

Hassan Guillet mentionne également les politiciens, qui sont maintenant beaucoup plus sensibles à sa réalité, à son avis. Il craint tout de même que le discours d’intolérance envers les musulmans se fasse un chemin jusqu’à leur agenda lors de la prochaine campagne électorale. « La tentation sera forte d’utiliser les sentiments des uns et des autres pour faire des campagnes électorales basées sur la division », pense-t-il.

Une journée contre l’islamophobie

S’il se réjouit de voir la société québécoise changer et s’ouvrir, Hassan Guillet estime qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire. Le procès du tireur de l'attentat à la mosquée, Alexandre Bissonnette, n’est pour lui source d’aucun réconfort : « Ce qui compte, ce n’est pas ce qui arrive à ce jeune homme, c’est ce qui arrive à la société. Ça fait presqu’un an qu’il est derrière les barreaux, mais la machine de la haine et de la violence n’a pas arrêté. »

Les colis haineux envoyés au Centre culturel islamique de Québec, de même que le référendum contre la création d’un cimetière musulman, montrent à son avis que l’intolérance existe toujours, même si elle est propagée par une minorité.

C’est pourquoi il milite pour la création d’une journée contre l’islamophobie, idée qui a fait couler beaucoup d’encre il y a quelques semaines. Il critique toutefois la façon dont cette idée a été coulée dans les médias. « On ne négocie pas sur les pages des journaux », martèle l’imam.

On voulait une journée contre l’islamophobie, comme on a une journée contre l’homophobie. C’est légitime, mais il fallait s’y prendre de la bonne façon.

Hassan Guillet, imam

Appel à s’opposer à Daesh

Hassan Guillet condamne toute violence, autant celle qui vise les musulmans que celle perpétrée par des musulmans. À ce sujet, il appelle les Québécois à dénoncer les agissements de Daesh, aussi connu sous le nom de groupe armé État islamique : « Il ne faut pas qu’on fasse, ici, la même erreur qu’ont faite certains musulmans en fermant les yeux devant les atrocités de Daesh. »

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