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Isabelle Richer
Audio fil du jeudi 11 janvier 2018

Elle a survécu à l’attentat au Bataclan grâce à un film de Denis Villeneuve

Publié le

Recueillement en mémoire des victimes des attentats de Paris
Recueillement en mémoire des victimes des attentats de Paris   Photo : Getty Images / Sean Gallup / Staff

Caroline Langlade a vécu de près l'attentat au Bataclan, survenu le 13 novembre 2015 à Paris. Pendant plus de trois heures, sous la menace des terroristes, elle est restée cloîtrée dans une loge de la salle de spectacle, en compagnie d'une quarantaine de personnes. Et elle affirme que c'est grâce au film Polytechnique, de Denis Villeneuve, qu'elle en est sortie vivante.

« Au moment où je pénètre dans cette loge du Bataclan, les images du film me reviennent à la mémoire et j’ai un espèce de mode d’emploi de comment survivre à une attaque terroriste, qui est dans ce film-là », raconte-t-elle.

Caroline Langlade avait été profondément marquée par le film. Maintenant qu’elle a elle-même vécu un attentat, Polytechnique restera à jamais ancré en elle.

Elle a même écrit au réalisateur québécois pour le remercier et lui dire que son film lui avait sauvé la vie. « Denis Villneuve m’a répondu qu’il était extrêmement touché », indique-t-elle.

La société civile a un rôle à jouer

Dans son livre Sortie(s) de secours, paru jeudi au Québec, Caroline Langlade raconte son histoire et son combat pour les survivants.

« Je pense qu’il y a un besoin de désacraliser cet événement pour mieux le comprendre et pour pouvoir éviter que ça se reproduise », explique-t-elle. « Mais mon livre, c’est aussi pour faire rayonner autre chose que la terreur et la peur, pour faire rayonner aussi toute la beauté du monde qui a eu lieu ce soir-là et après », ajoute-t-elle.

L’auteure salue tous ceux qui sont venus en aide aux victimes le soir du 13 novembre, et qui ont contribué à sauver des vies.

Elle pense d'ailleurs que la société civile a un grand rôle à jouer lorsque des catastrophes surviennent et elle souhaite que le gouvernement encourage l’implication des citoyens. « Il y a un besoin de formation de la société civile, il y a un besoin aussi de reconnaissance de ce courage », soutient-elle. « On s’est battus énormément pour ça parce qu’aujourd’hui, en France, il n’y a rien pour reconnaître la force et le courage de ces personnes. »

La nécessité de « réparer les vivants »

Caroline Langlade rappelle qu’un attentat comme celui au Bataclan entraîne beaucoup de dommages collatéraux, car l’entourage de chaque victime est touché par la souffrance. Et ces personnes ont besoin d’aide, souligne-t-elle : « Il faut accompagner les personnes sur le plan de la santé. C’est vraiment le meilleur axe de réparation. La justice, le financier, ce sont des axes qui arriveront plus tard, mais qui ne peuvent pas réparer intégralement. »

Au sein de l’association Life for Paris, Caroline Langlade tente du mieux qu’elle peut de « réparer les victimes ». Pour cela, elle les aide d’abord à accepter leur statut de victimes, à accepter qu'elles ont besoin d’aide. Elle les aide ensuite à sortir de cet état, à ne pas s’enfermer dans ce statut.

Être victime, ce n’est pas un gros mot. C’est quelque chose qui peut arriver à tout le monde, et ça, j’en ai vraiment pris conscience le 13 novembre.

Caroline Langlade, survivante de l'attentat au Bataclan

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