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Pourquoi notre système de santé a-t-il du mal à répondre à la pandémie?

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Pourquoi notre système de santé a-t-il du mal à répondre à la pandémie?

Un travailleur de la santé s'apprête à entrer dans une zone chaude d'un hôpital.

Une zone chaude dans un hôpital de Montréal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Environ la moitié du budget du Québec est consacré à la santé. Or, malgré cet important investissement, le système peine à accueillir les quelque 1400 patients supplémentaires qui ont besoin de soins en raison de la COVID-19. Comment cela se fait-il? Pour André-Pierre Contandriopoulos, professeur émérite à l'École de santé publique de l'Université de Montréal, cela est dû aux décisions prises par le passé.

Le professeur précise d’entrée de jeu qu’il est normal qu’une importante partie du budget d’un État soit consacrée aux soins de santé, puisqu’ils font partie de la mission principale du gouvernement. Toutefois, un aussi important investissement ne signifie pas nécessairement que le système répond aux attentes : Visiblement, il a beaucoup de mal à y répondre. Il n’est pas assez agile pour s’adapter à de nouvelles situations. Et on peut se demander si ce n’est pas à cause de toute une série de restrictions qui, depuis les années 80, se sont passées dans le système et qui font qu’aujourd’hui il n’a pratiquement plus de marge de manœuvre.

André-Pierre Contandriopoulos croit que les efforts de performance sur lesquels on a mis l’accent au cours des dernières années ont peut-être sapé la capacité du système de santé à répondre aux imprévus.

La pandémie vient aggraver les limites déjà existantes d’un système de santé qui a subi de nombreuses coupes au cours des dernières années.

André-Pierre Contandriopoulos, professeur émérite à l'École de santé publique de l'Université de Montréal

Il rappelle que les urgences débordaient déjà et que les délais pour les opérations étaient déjà longs avant même l’arrivée de la pandémie.

Et à ceux qui prônent une plus grande intégration du secteur privé dans le système de santé, André-Pierre Contadriopoulos affirme qu’il s’agit d’un discours ridicule. Il dit qu’il suffit de regarder les États-Unis pour constater qu’un système mixte coûte plus cher par habitant que celui du Québec, sans être capable de répondre aux besoins de l’ensemble de la population.

André-Pierre Contandriopoulos estime que les solutions pour rendre le système de santé plus flexible sont connues depuis l’échec de la réforme Barrette : une gestion plus décentralisée et des budgets mieux répartis entre les différents groupes de professionnels.

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