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Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Le masque, d’abord conçu pour être réutilisable

Deux masques en tissu.

Des masques en tissu portés par les hospitalières lors de la pandémie de grippe espagnole de 1918.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Jusque dans les années 1960, les masques utilisés dans les hôpitaux étaient tous réutilisables. Grâce aux multiples études et tests menés au fil des années, on était parvenu à concevoir des masques efficaces et durables, et à les stériliser convenablement. Pourquoi alors ont-ils été remplacés par des masques jetables? Le biologiste et historien des sciences Bruno Strasser s'est intéressé à la question.

Le masque réutilisable a disparu sous la pression de l’industrie, qui voyait là une manière d’économiser des coûts et d’offrir de nouveaux produits avec apparemment une performance supérieure, mais ce n’était pas encore tout à fait clair à l’époque, explique Bruno Strasser. Il ajoute que lors de l’apparition des premiers masques jetables, des études montraient qu’ils étaient moins efficaces que les masques réutilisables.

Dès la création des masques en tissu, au début du 20e siècle, leurs inventeurs se vantaient du fait qu’ils étaient réutilisables, parfois même à l’infini.

Le milieu scientifique a réussi à acquérir d’importantes connaissances sur la meilleure façon de les fabriquer et de les utiliser, mais ce savoir s’est perdu avec le temps, ce que déplore Bruno Strasser : Nous avons essayé de regarder tout ce qu’on pouvait savoir, jusque dans les années 60, sur les masques. Et nous nous sommes aperçu qu’on avait accumulé une grande quantité de savoir scientifique et médical sur leur efficacité, comment les fabriquer, comment les tester, et qu’une bonne partie de ce savoir a disparu aujourd’hui. À l’occasion de l’épidémie de COVID-19, on a recommencé à faire des tests, assez maladroits, en essayant de redécouvrir des choses qu’on avait oubliées. Beaucoup des masques qui ont été produits au début de la pandémie étaient bien inférieurs à ceux que l’on pouvait produire il y a un demi-siècle.

L’historien et biologiste fait remarquer que si les masques jetables sont économiques en temps normal, leur prix a considérablement augmenté depuis le début de la pandémie de COVID-19. Bruno Strasser croit que si nous avions conservé notre capacité à produire industriellement des masques réutilisables, nous aurions pu éviter les pénuries et économiser beaucoup d’argent, sans parler des bienfaits pour l’environnement.

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