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Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Anne Panasuk, la journaliste anthropologue

La journaliste Anne Panasuk au téléphone, au côté d'une image de la communauté de Pakuashipi.

Anne Panasuk, alors qu'elle enquêtait sur la disparition d'enfants dans la communauté de Pakuashipi

Photo : Radio-Canada

Après 38 ans de journalisme à Radio-Canada, Anne Panasuk prend sa retraite. Elle laisse dans son sillage toute une série de grands reportages d'enquête portant autant sur des histoires de corruption que sur des sujets touchant les Autochtones. C'est d'ailleurs sa grande connaissance des Premières Nations, et particulièrement des Innus de la Côte-Nord, qui l'a amenée à travailler à Radio-Canada.

Anne Panasuk n’a pas étudié en journalisme, mais en anthropologie. Elle travaillait auprès des Autochtones au sein d’une organisation lorsque des journalistes lui ont suggéré de changer de métier pour mettre à profit ses talents de communicatrice.

Tranquillement, j’ai réalisé que ma nature profonde, c’était d’être une fouille-merde, raconte-t-elle. C’est ainsi qu’elle est devenue journaliste, en 1982. Sa proximité avec les Innus l’a d’abord amenée à travailler à la station de Radio-Canada sur la Côte-Nord, puis elle a été transférée aux affaires publiques, à Montréal.

Lorsqu’elle s’est jointe à l’équipe de l’émission Enquête, Anne Panasuk a continué de s’intéresser aux Premières Nations, mais elle a aussi travaillé sur de nombreux dossiers liés à la corruption, comme l'affaire SNC-Lavalin. J’aime beaucoup les dossiers économiques, dit-elle. Souvent, je n’y comprends rien au début, mais je pose des questions et je finis par comprendre.

La journaliste précise que, pour elle, travailler sur des sujets économiques est une façon de prendre une pause des histoires tragiques et brise-cœur qu’elle a l’habitude de couvrir et qui ont instauré une véritable fatigue émotionnelle chez elle.

Cela ne signifie pas pour autant que les histoires de corruption sont synonymes de vacances. Dans les années 1990, alors qu’elle enquêtait sur des policiers corrompus, Anne Panasuk a vu sa maison être vandalisée. La roue de sa voiture a également été déboulonnée alors que son fils de 11 ans se trouvait à bord. Une fois au secondaire, son fils a même eu un garde du corps pour l’accompagner sur le chemin du retour à la maison. Je disais à mon fils qu’il ne fallait pas abandonner, raconte-t-elle. C’est un peu comme l'[intimidation] à l’école : si tu acceptes ça, il n’y a plus de fin. Il faut se tenir debout, il faut continuer.

Anne Panasuk souligne qu’à cette époque, les journalistes d’enquête étaient peu outillés pour se protéger et qu'ils étaient bien souvent laissés à eux-mêmes. Les choses ont, heureusement, beaucoup changé et les équipes d’enquête sont maintenant bien entourées.

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