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Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Transport aérien : pas de retour à la normale prévu avant 2024

Photo prise à bord d'un avion en vol montrant le reflet orangé du soleil sur les nuages et le bout d'une aile de l'avion.

Un avion dans le ciel

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Selon les dernières prévisions de l'Association internationale du transport aérien (IATA), le transport de passagers par avion devrait retrouver son niveau d'avant la pandémie entre 2024 et 2027. Mais, même lorsqu'il aura retrouvé sa cadence habituelle, le secteur aérien risque de ne plus jamais être le même, selon Mehran Ebrahimi, professeur titulaire au Département de management et technologie de l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal.

Il précise que les prédictions de l’IATA sont basées sur l’évolution de la pandémie à travers le monde et sur des sondages menés auprès des citoyens sur leurs intentions de voyage. On voit que le virus ne régresse pas dans les régions qui ont une influence importante sur le transport aérien, souligne Mehran Ebrahimi.

Selon lui, c’est surtout la situation aux États-Unis qui a poussé l’IATA à produire des prédictions aussi pessimistes. Au pic de la pandémie, aux mois de mars et d’avril, il y avait plus de vols qu’aujourd’hui aux États-Unis, indique-t-il.

Mehran Ebrahimi précise toutefois que la reprise du secteur aérien dépend de toutes sortes de facteurs et que les prédictions de l’IATA sont donc incertaines. L’arrivée d’un vaccin dans les prochains mois pourrait grandement changer la donne, mais tout dépendra aussi de l’état de l’économie mondiale. Si les gens n’ont plus d’argent pour voyager, la reprise du transport aérien se fera encore plus lentement.

Un secteur en transformation

Selon le spécialiste, la concentration du secteur aérien risque de s’accentuer avec la pandémie. Déjà, avant la crise, on avait une forte tendance à la concentration dans le transport aérien, mentionne Mehran Ebrahimi. Il y en a qui disaient que, d’ici 2025-2030, il n’y aurait plus que sept à dix compagnies aériennes à travers le monde.

Malgré tout, une multitude de petites compagnies ont vu le jour au cours des dernières années, mais plusieurs n’ont pas survécu à la crise du coronavirus. Mehran Ebrahimi estime que le monde de l’aviation risque de perdre encore plusieurs acteurs au cours des prochains mois. Par exemple, si la transaction entre Air Canada et Transat ne va pas de l’avant, je ne donnerais pas cher de la survie d’Air Transat dans le monde d’après crise, dit-il.

Mehran Ebrahimi mentionne qu’une plus forte concentration risque d’exercer une pression à la hausse sur le prix des billets d’avion.

Le spécialiste ne comprend pas, par ailleurs, pourquoi le gouvernement fédéral ne vient pas en aide à cette industrie mise à mal par la pandémie, alors que plusieurs États ont décidé de le faire. On est pratiquement le seul pays au monde où il y a une tradition d’aviation et où le gouvernement est absent, pour une raison inexplicable, dit-il.

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