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Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Il n’aurait pas fallu piétonniser l'avenue du Mont-Royal, selon un urbaniste

Plusieurs commerces de détails.

Des commerces de l'avenue du Mont-Royal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L'urbaniste émérite Gérard Beaudet, professeur titulaire à l'École d'urbanisme et d'architecture de paysage de l'Université de Montréal, explique pourquoi, à son avis, la piétonnisation de l'avenue du Mont-Royal est une mauvaise idée.

Gérard Beaudet précise qu’il existe plusieurs facteurs qui peuvent assurer le succès d’une avenue commerciale piétonnière, mais que l’on ne retrouve pas ces critères sur l’avenue du Mont-Royal. Il affirme, notamment, que les rues commerciales piétonnes ont généralement plus de succès dans les plus petites villes, là où il y a moins de circulation automobile.

On sait qu'une rue commerciale, en elle-même, attire relativement peu, ajoute-t-il. En fait, ce qui attire, c’est une rue commerciale qui est associée à d’autres éléments attractifs. Ces éléments attractifs peuvent être une plage, un centre commercial, un campus ou une concentration de musées.

Gérard Beaudet estime aussi que le corridor piétonnier de l’avenue du Mont-Royal est trop long pour être capable de conserver un bon dynamisme.

L’urbaniste souligne que ce ne sont pas tous les types de commerces qui bénéficient d’une piétonnisation. Contrairement aux restaurants et aux bars, les commerces de destination n’en tirent aucun avantage et risquent même de perdre une partie de leur clientèle.

Gérard Beaudet croit aussi que la perte d’espaces de stationnement fera mal à plusieurs commerces. Il cite une étude qui révèle qu’une grande partie des personnes qui travaillent sur l’avenue du Mont-Royal n’ont pas les moyens d'habiter dans ce secteur et qu’elles vivent souvent dans des quartiers mal desservis par le transport en commun, ce qui les oblige à aller travailler en voiture.

Je pense qu’on aurait dû opter pour une cohabitation avec l’automobile, avec des contraintes passablement sévères pour que l'avenue du Mont-Royal ne devienne pas un corridor de transit.

Gérard Beaudet, urbaniste émérite et professeur titulaire à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal

La petite histoire d’un échec

Gérard Beaudet explique que c’est à partir des années 1920 que l’on s’est mis à concevoir les rues presque exclusivement en fonction de la circulation automobile.

Et ce n’est qu’en 1959 qu’est apparue la première rue commerciale piétonne, à Kalamazoo, aux États-Unis, pour faire concurrence au centre commercial qui dévitalisait le centre-ville. On avait l’impression, à cette époque, que c’était la façon de faire, qu’il fallait se battre contre le centre commercial sur son propre terrain et transformer les avenues commerciales en espèce de mails extérieurs, indique l'urbaniste.

Dans les années 1960 et 1970, on a vu apparaître 200 de ces centres commerciaux extérieurs. Il en reste moins de 30 aujourd’hui et ils luttent pour leur survie.

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