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Faut-il réduire le budget de la police?

Le 15-18

Avec Isabelle Richer

En semaine de 15 h à 18 h

Faut-il réduire le budget de la police?

Une dizaine de policiers en groupe derrière leur bouclier.

Des policiers du Service de police de la Ville de Montréal lors d'une manifestation

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L'idée d'un définancement des corps policiers circule déjà depuis un certain temps en Amérique du Nord, mais la mort de George Floyd lui a donné un nouvel élan. Le doctorant en sociologie Philippe Néméh-Nombré fait partie des gens qui militent pour un déplacement des budgets alloués à la police vers les organismes qui œuvrent auprès des personnes vulnérables.

Réformer la police, ça ne fonctionne pas, soutient Philippe Néméh-Nombré. Le problème, ce n’est pas telle ou telle pratique policière, mais l’institution en tant que telle, sa fonction dans la société, le budget qu’on lui accorde. Si on veut réellement mettre fin aux dangers que la police représente pour les communautés marginalisées, l’argent doit être investi ailleurs.

Le militant trouve incohérent le fait qu’on demande aux policiers d’intervenir auprès de populations en détresse, alors que les organismes dont la mission est de faire de la prévention auprès de ces mêmes populations sont sous-financés.

Toutes les personnes vulnérables, il faut les considérer comme des victimes plutôt que comme une nuisance dangereuse, estime-t-il.

Quand les armes appellent les armes

Selon Philippe Néméh-Nombré, aucune enquête n’établit de lien direct entre une augmentation de la présence policière et une baisse du taux de criminalité.

Les enquêtes révèlent par contre que le fait que les policiers portent une arme a une incidence majeure sur l’utilisation d’une arme par les suspects appréhendés, ajoute-t-il. Quand on craint une arme à feu, on hésite moins à utiliser soi-même une arme.

Le militant donne l’exemple de la police de Londres, dont la majorité des patrouilleurs ne sont pas armés et qui privilégie les méthodes non violentes pour appréhender les suspects. Il raconte qu’en 2011, un homme en détresse psychologique armé d’une machette a été arrêté par les policiers londoniens. Ceux-ci ont réussi à le maîtriser en sept minutes à l’aide de boucliers antiémeutes seulement.

S’il s’était retrouvé dans une ville nord-américaine, il y a de fortes chances qu’il aurait été tué ou grièvement blessé, pense Philippe Néméh-Nombré.

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