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Le 15-18

Avec Karyne Lefebvre

En semaine de 15 h à 18 h

Les effets pervers de la vague d’appuis #BlackLivesMatter

Un homme, de dos, brandit une pancarte sur laquelle il est écrit: «Black Lives Matter» dans un nuage de gaz lacrymogène.

Selon Vanessa Destiné, le sens de #BlackLivesMatter a été détourné pour devenir un slogan, alors qu'il était d'abord un outil de documentation.

Photo : Reuters / Lindsey Wasson

Selon la journaliste Vanessa Destiné, la surutilisation du mot-clic #BlackLivesMatter en appui aux personnes noires a comme effet pervers d'étouffer la voix de ceux à qui on veut justement donner une tribune.

Vanessa Destiné rappelle que la fonction première des mots-clics, sur les réseaux sociaux, est de rassembler les contenus portant sur un même sujet ou un même thème. Le hashtag #BlackLivesMatter, c’est plus qu’un slogan, estime-t-elle. C’est un outil de documentation. Aujourd’hui, il a été malheureusement détourné.

Or, les publications reprenant ce mot-clic affluent sur les réseaux sociaux depuis les derniers jours, et l’information se perd dans cette vague d’appuis, à son avis : Le fil traditionnel de #BlackLivesMatter a été complètement inondé, ce qui fait que l’information en temps réel, qui est nécessaire pour les citoyens qui sont sur le terrain et qui affrontent les forces de l’ordre, n’est plus accessible.

Vanessa Destiné ajoute que les algorithmes des réseaux sociaux donnent généralement plus de poids aux vedettes qu’aux citoyens ordinaires. Ce sont donc les contenus publiés par les influenceurs, et non ceux publiés par les personnes sur le terrain, qui ont le plus de visibilité. C’est pourquoi elle croit que l’utilisation de #BlackLivesMatter en signe d’appui a pour effet d’étouffer la voix de ceux que l’on veut réellement entendre.

Le slacktivisme

La journaliste estime que l’utilisation de mots-clics pour montrer son appui à une cause ou pour dénoncer une situation relève bien souvent du slacktivisme, c’est-à-dire d’un activisme relâché, qui se déroule sur le web, mais qui a peu d’incidence dans la réalité.

Il y a une limite à la solidarité qu’on peut exprimer en ligne, croit-elle.

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