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Le couvre-visage, une mesure à l’efficacité incertaine, selon une spécialiste

Le 15-18

Avec Karyne Lefebvre

En semaine de 15 h à 18 h

Le couvre-visage, une mesure à l’efficacité incertaine, selon une spécialiste

Francois Legault portait le masque à son arrivée à la conférence de presse.

Francois Legault portait le masque à son arrivée à la conférence de presse.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le gouvernement du Québec recommande fortement à la population de porter un couvre-visage dans les lieux publics, sans toutefois le rendre obligatoire. La chef du Département de médecine sociale et préventive à l'École de santé publique du Centre hospitalier de l'Université de Montréal, Marie-France Raynault, affirme qu'il n'existe pas assez de preuves scientifiques sur l'efficacité du couvre-visage pour justifier son imposition.

Elle explique que si le gouvernement a décidé de changer son fusil d’épaule concernant le port du couvre-visage, c’est que l’on s’est rendu compte que plusieurs transmetteurs du coronavirus n’ont aucun symptôme. Pour ne prendre aucun risque, il est donc recommandé de se couvrir le visage en public, au cas où l’on serait porteur du virus sans le savoir.

On pense que le port du couvre-visage permettrait d’éviter de transmettre le virus à d’autres personnes, mais cela n’a pas encore été prouvé scientifiquement. On a assez de science pour imposer la distanciation physique et recommander le lavage des mains, mais la science pour le couvre-visage, elle est très faible, souligne Marie-France Raynault.

J’ai beaucoup de problèmes éthiques à imposer quelque chose quand il n’y a pas de science solide derrière.

Marie-France Raynault, chef du Département de médecine sociale et préventive à l'École de santé publique du CHUM

Les dangers du masque

Marie-France Raynault croit que les risques qui ont fait hésiter les autorités québécoises à recommander le port du masque demeurent. Moi, quand je me promène dans la rue, je vois que les gens le portent de plus en plus, et je vois que les gens le portent souvent très mal, déplore-t-elle. Ça m’inquiète, parce que je vois les gens réajuster leur masque et le porter en dessous du nez.

La médecin rappelle que dans les hôpitaux, le personnel reçoit une formation détaillée pour porter le masque en toute sécurité.

Elle espère aussi que le couvre-visage ne donnera pas un faux sentiment de sécurité à la population. On a peur que les gens substituent cette mesure, dont l'efficacité n'a pas été prouvée, à des mesures qui sont prouvées efficaces, comme la distanciation physique, dit-elle.

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