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Vivre la mort de son conjoint à distance

Le 15-18

Avec Jacques Beauchamp

En semaine de 15 h à 18 h

Vivre la mort de son conjoint à distance

Une rose rouge posée sur une pierre tombale dans un cimetière.

Une rose rouge posée sur une pierre tombale dans un cimetière.

Photo : iStock / serdjophoto

Marie-Josée Lavoie n'a pas pu accompagner son conjoint, Jacques, lors de ses derniers moments, à l'hôpital. Elle raconte comment elle a dû faire des pieds et des mains pour pouvoir ne serait-ce que l'apercevoir, une dernière fois.

Peu de temps avant que la crise du coronavirus éclate au pays, le conjoint de Marie-Josée Lavoie a été hospitalisé pour un cancer. Un jour, alors qu’elle se trouvait à son chevet, Marie-Josée Lavoie a appris du personnel médical que c’était la dernière fois qu’elle pouvait lui rendre visite. En raison de la propagation du coronavirus, toutes les visites à l’hôpital devaient être suspendues.

Peu de temps après, l’hôpital a appelé Marie-Josée Lavoie pour lui apprendre que Jacques avait contracté la COVID-19. Lui-même lui a téléphoné quelques minutes plus tard pour lui annoncer la triste nouvelle. Il a à peine pu me parler plus de 30 secondes au téléphone parce que l’infirmière est allée le voir pour lui dire qu’il avait assez parlé, qu’il était trop faible, raconte Marie-Josée Lavoie.

Jacques a tout de suite été transféré aux soins intensifs, sans aucun accès à un téléphone. C’était très difficile, témoigne Marie-Josée Lavoie.

Le personnel médical lui a demandé si elle avait elle-même des symptômes de la COVID-19, ce qui n’était pas le cas. Elle est tout de même allée passer le test, pour finalement apprendre qu’elle n’était pas porteuse du virus. J’avais peur de lui avoir transmis cette maladie, indique-t-elle. Ça a été un soulagement pour moi, d’une certaine façon, d’avoir un résultat négatif. On en a déduit qu’il l’avait attrapée à l’hôpital.

Rapidement, l’état de Jacques s’est détérioré, principalement à cause du cancer. Marie-Josée Lavoie a alors tenté par tous les moyens d'aller le voir à l’hôpital. J’ai fait des pieds et des mains, j’ai appelé mon député, votre recherchiste, j’ai fait une tonne d’appels, raconte-t-elle.

Elle a fini par obtenir la permission d’aller visiter Jacques, mais elle a dû le faire seule, ses deux enfants n’ayant pas l’autorisation de l’accompagner.

Ce n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais, se rappelle Marie-Josée Lavoie avec émotion. J’étais derrière les portes vitrées de sa chambre, j’étais très loin de lui et il était sous sédation. Il n’a même pas pu entendre ma voix.

Une heure après son passage à l'hôpital, Jacques est décédé.

Pour Marie-Josée Lavoie, le fait de ne pas avoir pu accompagner son conjoint dans ses derniers moments rend le deuil encore plus lourd à porter : C’était difficile pour moi de le savoir loin. J’aurais voulu qu’il m’entende et qu’il sache qu’il n’était pas seul.

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