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Quand le Québec vivait dans une peur irrationnelle du communisme

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Quand le Québec vivait dans une peur irrationnelle du communisme

Page couverture du livre « La peur rouge - Histoire de l'anticommunisme au Québec, 1917-1960 » (G) de Hugues Théorêt (D)

De 1917 à 1960, un vent d'anticommunisme souffle sur le Québec et le Canada. Une «peur rouge», alimentée par le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, avec la complicité de l'Église catholique, est au cœur des débats dans un pays où les communistes n'ont jamais été prophètes.

Photo : Gracieuseté - Septentrion/Dahlia Katz

Bien des années avant que le coronavirus ne fasse trembler le monde entier, la population québécoise vivait dans la crainte du communisme. Mais contrairement à la peur entourant la COVID-19, celle du communisme était basée sur peu de faits, selon l'historien Hugues Théorêt, auteur du livre La peur rouge, histoire de l'anticommunisme au Québec.

L’anticommunisme, au Québec, a un fondement politique, idéologique, mais surtout religieux, explique l’historien.

Le communisme prônant l’athéisme, il était évident que l’Élise catholique allait voir cette idéologie d’un très mauvais œil. On pourrait dire que l’ennemi du catholicisme, pendant la première moitié du 20e siècle, c’était le communisme, indique Hugues Théorêt. Il menaçait l’édifice religieux.

Il faut dire que, dans les années 30, la modernité avait déjà commencé à ébranler la religion, mais aussi tout le mode de vie canadien-français. La propagation du communisme forcera l’Église à mettre sur pied une machine de propagande anticommuniste à laquelle va adhérer, notamment, Maurice Duplessis, souligne l’historien.

Or, selon Hugues Théorêt, cette peur du communisme était irrationnelle puisqu’il y avait, dans les faits, très peu de membres du Parti communiste au Québec.

Cette peur du communisme va pousser le gouvernement à prendre des mesures nettement exagérées.

Hugues Théorêt, historien et auteur

Il donne pour exemple la fameuse Loi protégeant la province contre la propagande communiste, mieux connue sous le nom de loi du cadenas, adoptée par Maurice Duplessis en 1937, qui donnait carte blanche aux policiers pour cadenasser tout lieu où logeaient des communistes.

Hugues Théorêt précise que le mouvement anticommuniste est mort en même temps que Maurice Duplessis et l’avènement de la Révolution tranquille.

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