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Procès Weinstein : la fin du mythe de la « victime parfaite »?

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Procès Weinstein : la fin du mythe de la « victime parfaite »?

Illustration montrant Harvey Weinstein devant les jurés lors de son procès.

Le jury, composé de sept hommes et cinq femmes, a déclaré Harvey Weinstein coupable de viol et d'agression sexuelle à l'endroit de deux plaignantes.

Photo : Reuters / Jane Rosenberg

Pour la directrice générale de Juripop, Sophie Gagnon, le verdict de culpabilité prononcé lundi contre Harvey Weinstein montre qu'il est possible, pour une victime d'agression sexuelle, d'obtenir justice, même si elle n'est pas une « victime parfaite ».

Par victime parfaite, on entend une personne qui est contrainte, par la force, d’avoir une relation sexuelle avec quelqu’un avec qui elle n’aura plus de contacts par la suite.

Or, dans le cas des deux plaignantes qui ont obtenu gain de cause contre Harvey Weinstein, les deux femmes avaient gardé le contact avec leur agresseur après les faits et avaient même eu des relations sexuelles consensuelles avec lui par la suite. Malgré cela, les jurés ont établi la culpabilité de Harvey Weinstein.

Je pense que le verdict qui a été rendu dans l’affaire Harvey Weinstein commence à déboulonner ce mythe de la victime parfaite.

Sophie Gagnon, directrice générale de Juripop

Sophie Gagnon croit que le témoignage d’un psychiatre a pesé lourd dans le procès Weinstein. Le médecin a expliqué aux jurés qu’il était non seulement réaliste de garder le contact avec son agresseur, mais que c’était aussi la norme.

La plupart du temps, une personne qui va vivre une agression à caractère sexuel va garder un contact avec son agresseur, confirme Sophie Gagnon. Elle va chercher à reprendre le pouvoir sur sa situation et à maintenir un contact avec l’agresseur; c’est une manière de garder ce pouvoir et de normaliser la situation.

Je pense qu’un verdict comme celui qui a été rendu lundi, ça envoie un message aux personnes victimes dans tous les pays : on est capable de traduire en justice des agresseurs qui ont continué à maintenir des contacts avec leurs victimes.

Sophie Gagnon, directrice générale de Juripop

Le cas Jian Ghomeshi

Pourquoi alors le procès de Jian Ghomeshi s’est-il, lui, soldé par un verdict de non-culpabilité?

Sophie Gagnon rappelle que les faits à la base des accusations qui avaient été portées contre l’animateur sont très différents de ceux qui ont motivé les accusations contre Harvey Weinstein.

Le point commun entre les deux procès est que les plaignantes ne correspondaient pas à l’image que l'on a des victimes parfaites. Cependant, les plaignantes dans le procès de Jian Ghomeshi ont caché aux policiers et aux procureurs de la Couronne le fait qu’elles avaient gardé le contact avec l’animateur après les agressions alléguées, ce qui a nui à leur cause. Elles s’étaient aussi concertées avant de livrer leurs témoignages.

Si elles ont décidé de cacher cette information importante, c’est, d’après moi, parce qu’elles avaient honte, qu’elles se sentaient coupables et qu’elles étaient persuadées que si elles avaient révélé ces informations aux intervenants du système de justice, elles n’auraient pas été crues ou elles n’auraient pas été jugées assez crédibles, affirme Sophie Gagnon.

La directrice générale de Juripop demande aux victimes d’agressions à caractère sexuel de garder espoir : Il faut faire attention de ne pas se décourager si ce ne sont pas que des décisions de culpabilité qui sont rendues dans le futur. Chaque dossier est un dossier individuel.

Elle est convaincue que les mentalités sont en train de changer et que cela aura plus tard un effet sur le système de justice.

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