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Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

La mort d’Aurore, l’enfant martyre, un choc dont le Québec ne s’est toujours pas remis

Gros plan sur pellicule d'époque du visage de la petite comédienne.

La jeune Yvonne Laflamme sous les traits du personnage d'Aurore. Tiré de la bande-annonce du film La petite Aurore, l'enfant martyr, de Jean-Yves Bigras

Photo : Éléphant Cinéma Québec

Lorsque le Québec apprend, en 1920, qu'une petite fille est morte des mauvais traitements infligés par sa belle-mère, c'est le choc. Comment, se demande-t-on alors, une famille canadienne-française de souche, catholique et respectable, a-t-elle pu être le théâtre d'un tel drame? Selon Marie-Aimée Cliche, spécialiste de l'histoire de la maltraitance des enfants, la société québécoise ne s'est toujours pas remise de cette terrible histoire.

Peu de temps après la mort de l’enfant s’amorce le procès de ses parents. La couverture des journaux canadiens-français est extraordinaire, affirme Marie-Aimée Cliche. Les témoignages sont relatés pratiquement mot pour mot. Et les journaux prennent position, les journalistes s’indignent contre la marâtre.

Le procès des parents Gagnon n’est pas le premier du genre. Pourquoi alors a-t-il autant marqué l’imaginaire des Québécois?

Selon Marie-Aimée Cliche, le fait que ce soit une belle-mère qui soit accusée a contribué à la popularité de l’affaire : C’est plus facile d’accuser une belle-mère qu’une bonne mère de famille. En fait, en accusant une belle-mère, ça renforce l’image idéalisée de la mère biologique.

La société était aussi abasourdie de voir que des Québécois de souche, vivant à la campagne de surcroît, pouvaient faire preuve d’autant de violence envers une enfant. À l’époque, la maltraitance est plutôt vue comme une affaire d’immigrants et de milieux ouvriers.

Le public a été bouleversé de voir qu’une famille en apparence ordinaire pouvait être aussi maltraitante. Ça a donné un choc à la société québécoise, un choc dont elle n’est pas encore remise au bout d’un siècle.

Marie-Aimée Cliche, spécialiste de l'histoire de la maltraitance des enfants

Marie-Aimée Cliche soutient que l'histoire d’Aurore l’enfant martyre a eu comme effet positif d’encourager les gens à dénoncer les abus envers les enfants.

Mais elle a aussi eu un effet pervers : Le public avait l’impression que les parents maltraitants, c’était des monstres, que ça ne pouvait pas être le monde ordinaire.

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