•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le tabou de l’excision au Québec

Le 15-18

Avec Isabelle Richer

En semaine de 15 h à 18 h

Le tabou de l’excision au Québec

Des femmes en habits traditionnels tenant une banderole sur laquelle on peut lire « Pour l'abandon de l'excision ».

Sophia Koukoui se réjouit que de plus en plus d'Africaines se mobilisent pour lutter contre l'excision.

Photo : Getty/Georges Gobet

Quand on parle de mutilations génitales féminines, on pense souvent à l'Afrique. Mais il existe aussi des femmes excisées au Québec. La plupart sont issues de l'immigration et sont confrontées à un manque de connaissances de la part des professionnels de la santé, selon la psychologue clinicienne Sophia Koukoui.

Elle précise que les femmes excisées ont toutes sortes de besoins spécifiques liés à leur santé reproductive ou à leur santé mentale.

Il faut savoir qu’il y a certaines femmes qui vivent convenablement, ou même bien, le fait d’avoir été excisées, mais il y en a beaucoup pour qui c’est plus difficile, affirme Sophia Koukoui

La question identitaire est aussi très importante pour ces femmes puisque l’excision est une pratique qui se perpétue de génération en génération. Selon Sophia Koukoui, il s’agit d’un marqueur d’appartenance culturelle.

« C’est sûr que ces femmes se demandent si elles vont continuer la tradition avec leur fille », dit-elle. Néanmoins, la plupart refuseront de faire subir ce traitement à leur fille, malgré les tensions familiales qui peuvent parfois en découler.

La psychologue clinicienne précise que l’excision est une pratique illégale au Canada. Dans de très rares cas, on la pratique, de façon clandestine.

Des professionnels mal outillés

Sophia Koukoui estime que les professionnels de la santé devraient être mieux formés pour répondre aux besoins des femmes excisées. Elle rappelle que le sujet est très tabou et que plusieurs femmes omettent de parler de leur situation à leur médecin. Des fois, les professionnels peuvent se sentir mal à l’aise, les patientes peuvent aussi vivre de la honte ou de la peur et se demander si elles risquent d’être mal vues par leur médecin, souligne-t-elle.

Elle ajoute que le tabou alimente toutes sortes de fausses croyances concernant l’excision, comme l’idée qu’il est impossible d’accoucher par voie vaginale lorsqu’on a été excisée.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi