•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Isolement, itinérance, incompréhension : le calvaire des hypersensibles

Le 15-18

Avec Karyne Lefebvre

En semaine de 15 h à 18 h

Isolement, itinérance, incompréhension : le calvaire des hypersensibles

Du parfum vaporisé jaillissant d'une bouteille.

Le parfum peut déclencher des maux de tête, des nausées et des crises d'asthme chez les gens souffrant d’hypersensibilité chimique multiple.

Photo : iStock

Certaines personnes ne peuvent tolérer absolument aucun produit chimique dans leur environnement. D'autres souffrent lorsqu'elles sont exposées à des ondes électromagnétiques. Pour ces personnes hypersensibles, trouver un environnement où elles pourront vivre en santé constitue une véritable quête. Cela les pousse souvent vers l'isolement, parfois même, vers l'itinérance. Le documentaire Prison sans barreaux, coréalisé par Isabelle Hayeur, illustre la dure réalité des personnes hypersensibles à leur environnement.

Isabelle Hayeur est hypersensible aux produits chimiques. Il est donc difficile pour elle de se rendre dans les lieux publics. Lorsqu’elle le fait, elle porte un masque.

Elle explique que cette maladie est assez récente. Elle a été observée pour la première fois au Québec, par un médecin de la Direction de la santé publique de la Ville de Québec. Il avait remarqué que de nombreux travailleurs de l’industrie automobile qui étaient fréquemment en contact avec de la peinture souffraient de malaises.

L'hypersensibilité environnementale est une maladie qui se développe lorsqu'une personne est exposée souvent à des produits chimiques ou des ondes électromagnétiques, selon Isabelle Hayeur : « Il y a une première phase de sensibilité, et si on ne fait rien, si on continue à être exposé, le système n’est plus capable de rien supporter du tout. »

Dans le cas de la réalisatrice, l’hypersensibilité a été déclenchée par le diffuseur de parfum de la dame qui vivait en dessous de son logement. Il y en a eu vraiment trop, elle en mettait tous les jours et c’était juste au-dessous de ma chambre, dans une vieille maison, raconte-t-elle. Presque du jour au lendemain, je me suis mise à ne plus être capable de tolérer aucun produit autour de moi.

Et cette intolérance ne se manifeste pas que par un simple écœurement : elle se traduit par des maux de tête, une impression de brûlure dans la bouche, un essoufflement, de la fatigue extrême.

Ce n’est qu’une fois à l’abri de ces produits chimiques qu’Isabelle Hayeur retrouve graduellement la forme.

Voilà pourquoi il peut être aussi difficile pour une personne hypersensible de trouver un endroit où vivre. Les produits chimiques et les ondes électromagnétiques existent partout.

Isabelle Hayeur explique que plusieurs personnes qui souffrent d’hypersensibilité environnementale se retrouvent à la rue.

D’autres finissent par s’isoler. Elle donne l’exemple d’un homme souffrant d’électrosensibilité qui passe tous ses temps libres dans une roulotte en plein milieu de la forêt, car c’est le seul endroit où il peut se rétablir après avoir été exposé à des ondes.

La réalisatrice souligne aussi le scepticisme des gens quand vient le temps de parler d’hypersensibilité. Je peux les comprendre, car c’est tellement bizarre, c’est tellement difficile à concevoir! Et aussi, ça touche à quelque chose de très personnel : ton odeur, ton jouet préféré qu’est ton téléphone.

Elle souhaite que plus de scientifiques s’intéressent à cette maladie.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi