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Auschwitz : une lente prise de conscience

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Auschwitz : une lente prise de conscience

Vue d'une silhouette passant devant le portail de l'ancien camp de concentration nazi.

Le portail du camp de concentration d'Auschwitz

Photo : Reuters / KACPER PEMPEL

L'ampleur du carnage des camps de concentration nazis était si grande que l'humanité a mis près de deux décennies avant de commencer à comprendre réellement ce qui s'y était passé. « Le camp d'Auschwitz, pour les Russes, défie l'imagination », souligne le professeur Pierre Anctil, spécialiste de l'histoire juive. « On n'a pas compris, pendant longtemps, ce que ça a voulu dire. »

Lorsque les Russes arrivent au camp de concentration d’Auschwitz, le plus important du régime nazi, en 1945, il reste très peu de survivants à libérer, seulement quelques dizaines d’enfants et de personnes à l’article de la mort. Plusieurs d’entre eux mourront au cours de leur voyage vers l’Allemagne, dans ce qu’on a appelé les marches forcées.

Les installations elles-mêmes du camp ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles ont été, les autorités ayant pris soin de détruire le plus de preuves possible.

Le monde entier apprend l’existence de ces camps de concentration au moment de leur libération par les forces alliées, par l’entremise de la radio et de la télévision. Mais la profondeur de l’événement et son sens réel vont prendre beaucoup d’années à s’installer, explique l’historien Pierre Anctil. Les Canadiens, les Québécois et même les Juifs canadiens vont mettre 10 ans, 20 ans à reconstruire ce récit, parce que tout s’est passé pendant la guerre, dans le secret le plus total.

Il y a bien quelques survivants qui trouvent la force de raconter leur récit, mais ce n’est que beaucoup plus tard que la population comprendra toute la force industrielle et la volonté politique qui se cachaient derrière les camps de concentration.

Selon Pierre Anctil, ce n’est qu’à partir des années 60 que l’on commence à parler publiquement de l’horreur de ces camps, dans des musées ou des ouvrages. Au fil des recherches, on prend conscience de l’ampleur du système.

On a fini par comprendre qu’il s’était passé quelque chose d’exceptionnel à Auschwitz : la mort de 1 million de personnes.

Pierre Anctil, professeur d'histoire à l'Université d'Ottawa

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