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La conservation du patrimoine, une spécialisation de plus en plus rare

Le 15-18

Avec Isabelle Richer

En semaine de 15 h à 18 h

La conservation du patrimoine, une spécialisation de plus en plus rare

Un imposant échafaudage sur la cathédrale Notre-Dame de Paris à moitié détruite.

Selon Olivier Toupin, la transmission des techniques de construction traditionnelles est assurée en France grâce aux ordres compagnonniques, ce qui va faciliter la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame.

Photo : Reuters / Gonzalo Fuentes

Les étudiants à la maîtrise en conservation du patrimoine bâti sont rares. Pourtant, ce savoir est essentiel pour réussir à préserver le patrimoine bâti. Olivier Toupin, qui étudie à la maîtrise en conservation du patrimoine bâti, explique comment ces connaissances en sont venues à disparaître graduellement.

Olivier Toupin est le seul étudiant à l’Université de Montréal à se spécialiser en conservation de la maçonnerie. Cet entrepreneur général a décidé de retourner aux études afin de pouvoir sauver des bâtiments qui menacent de s’effondrer sous le poids du temps.

C’est d’ailleurs ce qu’il a fait, au début des années 2010, avec un édifice du 18e siècle menacé de démolition. Le bâtiment avait subi une intervention moderne, mais c’était incompatible avec la mécanique du bâtiment, qui datait du 18e siècle, explique Olivier Toupin.

Il a donc dû reconstruire le bâtiment, mais il l’a fait à l’identique. En lui faisant perdre son matériau d’origine, au moins, on conservait son authenticité et on rallongeait sa vie, dit-il. Le bâtiment aurait été à mettre à la poubelle si on n’avait pas fait cette intervention. Ce qui est malheureux, c’est que ça a été causé par l'intervention de quelqu’un qui n’avait pas l’expérience.

Olivier Toupin est lui-même né dans une maison ancestrale. Très tôt, il a développé une passion pour le patrimoine et les métiers d’époque. Il a été initié à la maçonnerie traditionnelle dès l’adolescence.

Mais ce ne sont pas tous les entrepreneurs qui s’intéressent aux méthodes ancestrales. Construire à l’ancienne coûte cher.

Selon Olivier Toupin, c’est après les années 1950 que l’on a commencé à se désintéresser de l’architecture traditionnelle au profit de l’architecture moderne. C’est à ce moment que l’on a commencé à parler de garanties d’efficacité de 20 ou 30 ans. C’est comme s’il y avait maintenant une date de péremption sur le bâtiment, explique Olivier Toupin. À l’époque, on construisait sans ces garanties d’efficacité, et les bâtiments duraient des dizaines, voire des centaines d’années. Comme si, à un certain moment, on avait oublié comment bien construire.

Il ajoute que les techniques ancestrales n’ont jamais vraiment cessé de se transmettre depuis la Nouvelle-France, mais que, contrairement à la France, le Québec n’a pas d’institutions pour encadrer cette transmission. En France, les ordres compagnonniques ont toujours pignon sur rue, mais ces institutions n’ont jamais été reproduites en Amérique.

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