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La liberté d’expression mise à mal au Québec

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

La liberté d’expression mise à mal au Québec

Une femme tient ses deux mains croisées sur sa bouche.

Selon le professeur Pierre Trudel, il existe différentes menaces à la liberté d'expression au Québec.

Photo : iStock

Selon le professeur Pierre Trudel, du Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal, la liberté d'expression est menacée sur plusieurs fronts au Québec. Il précise toutefois qu'il est faux de dire qu'il n'est aujourd'hui plus possible de dire quoi que ce soit.

Dans plusieurs pays du monde, la liberté d’expression et la liberté de la presse sont grandement menacées par les pouvoirs en place, et ces menaces prennent souvent une forme violente.

Au Québec, par contre, comme à bien des endroits, les atteintes à la liberté d’expression se font plus insidieusement. Selon le professeur Pierre Trudel, la crise des médias et leur difficulté à trouver du financement est un exemple de menace qui fragilise la liberté d’expression et la liberté de la presse.

Il croit que la menace vient aussi de la société, sous forme d’intolérance. De plus en plus de gens ont du mal à supporter que les autres exercent leur liberté, dit-il. Ils ont tendance à considérer que les autres peuvent exercer leur liberté, pourvu que ça ne dérange pas.

Des limites raisonnables à la liberté d’expression

Néanmoins, Pierre Trudel ne fait pas partie de ceux qui déplorent qu’il ne soit plus possible de dire quoi que ce soit au Québec. Il rappelle qu’il existe des limites à la liberté d’expression et que celles-ci sont fixées par la loi. Il est donc normal de ne pas pouvoir tout dire.

Il convient toutefois du fait que ces limites sont matière à débat, même s'il pense personnellement qu'elles sont raisonnables : Ce qui me semble être une garantie que ces limites sont établies de façon démocratique, c’est le fait qu’il y a des juges indépendants qui sont appelés à prendre acte des différents points de vue au sujet de ces limites et qui vont trancher.

Ainsi, au Canada, la liberté d’expression ne s’étend pas au discours nazi ou à l’apologie du génocide.

Pierre Trudel rappelle toutefois qu’il faut faire une distinction entre un discours déplaisant et une véritable incitation à la haine, qui, elle, est proscrite par la loi.

Que penser du journal de Gabriel Matzneff?

En ce qui a trait à la décision de la Grande Bibliothèque de retirer de ses tablettes le journal de Gabriel Matzneff, Pierre Trudel estime qu’elle est compréhensible : Il y a beaucoup de raisons de penser que ça pourrait constituer de la pornographie juvénile. Et, au Canada, il faut savoir que les lois sont très strictes. La seule possession de matériel de pornographie juvénile est un acte criminel. On peut comprendre, dans un tel cas, qu’une bibliothèque suive le principe de précaution.

Il ajoute toutefois que les bibliothèques doivent éviter à tout prix de tomber dans la purge systématique de leur catalogue.

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