Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Annie Desrochers
Le 15-18
Audio fil du lundi 9 septembre 2019

Mariages forcés : il faut agir auprès des familles, selon Raymonde Provencher

Publié le

Une ombre de profil de femme et l'ombre d'un doigt qui pointe.
Pour Raymonde Provencher, il faut s'attaquer aux mariages forcés en amont, en sensibilisant les familles.   Photo : Radio-Canada

À une certaine époque, les mariages forcés étaient associés à Montréal et à ses environs. Mais le phénomène est aujourd'hui plus étendu qu'on le pense : une adolescente a échappé à un mariage forcé à Victoriaville au printemps dernier en s'enfuyant de chez elle. Pour la réalisatrice et productrice Raymonde Provencher, qui s'intéresse depuis longtemps aux mariages forcés et aux crimes d'honneur, il faut agir en amont pour éviter ce genre de situation.

Ce sont des problématiques qui suivent les chemins de l’immigration, affirme Raymonde Provencher. Les gens viennent ici avec leur bagage, avec leur culture. Dans cette culture, qui est, par ailleurs, très enrichissante pour toute communauté, il y a des choses qui sont moins intéressantes et qu’il faut essayer d’éradiquer, comme cette culture de violence basée sur l’honneur.

La réalisatrice prend bien soin d’utiliser le terme culture et non religion, car les mariages forcés sont pratiqués dans différentes communautés religieuses.

Raymonde Provencher précise que depuis l’affaire Shafia, la Direction de la protection de la jeunesse, les écoles et les organismes communautaires sont plus à l’affût et sont mieux outillés pour intervenir auprès des jeunes filles persécutées par leur famille. Il y a un travail gigantesque qui a été fait, croit-elle.

Néanmoins, il reste un grand travail de sensibilisation à faire auprès des familles de différentes communautés culturelles, à son avis. Elle rappelle que même lorsqu’elles échappent à la violence et au mariage forcé, les jeunes filles vivent une terrible épreuve : Vivre complètement coupée de ton milieu familial quand tu es dans une nouvelle société, c’est extrêmement lourd. C’est pour ça que je dis que c’est vraiment en amont, en prévention, qu’il faut agir. Il faut agir auprès des familles, auprès des pères.

La réalisatrice précise également que les pères de ces familles autoritaires vivent eux aussi de la détresse en voyant s’effriter leur pouvoir paternel au contact d’une nouvelle société et qu’ils ont besoin d’être accompagnés.

En ce qui a trait à l’imam qui a fait signer le contrat de mariage à l’adolescente de Victoriaville, Raymonde Provencher souhaiterait qu’il soit traduit en justice. Peut-être qu’il faudra en arriver à [engager des poursuites] et que ça soit publicisé, pense-t-elle. Il faut envoyer un message très fort aux communautés.

Chargement en cours