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Annie Desrochers
Le 15-18
Audio fil du lundi 5 août 2019

Radicalisation en ligne : des corps policiers mal outillés

Publié le

Un homme pose ses mains sur le clavier d'un ordinateur portable dans l'obscurité.
Le forum 8chan est notamment utilisé par les extrémistes pour publier du contenu haineux en ligne.   Photo : iStock

À la suite de la tuerie d'El Paso, aux États-Unis, le président Donald Trump a affirmé qu'il fallait exercer une surveillance accrue des plateformes de radicalisation en ligne, comme 8chan. Mais ce ne sont pas tous les corps policiers qui ont les capacités de le faire, selon Jean-Philippe Décarie-Mathieu, chef de la cybersécurité aux Commissionnaires du Québec.

Oui, les corps de police sont au courant, mais est-ce qu’ils ont les capacités de faire de la surveillance active en amont? Prévenir ce genre de trucs, c’est une autre histoire, affirme le spécialiste.

Si la Gendarmerie royale du Canada (GRC) est dotée d’une unité des crimes technologiques réputée pour son efficacité, les corps policiers municipaux n’ont pas les mêmes ressources.

Jean-Philippe Décarie-Mathieu précise qu’il ne suffit pas de connaître l’existence de ces plateformes de radicalisation; il faut en comprendre les codes. C’est l’élément culturel que les policiers n’ont pas, dit-il. Les personnes se radicalisent en ligne à coups de mèmes et de référents humoristico-politiques qui peuvent facilement passer sous le radar si l'on ne sait pas les décoder.

Et les initiés ne sont pas légion dans les forces de l’ordre, comme le fait remarquer Jean-Philippe Décarie-Mathieu : Les spécialistes en cybersécurité, ou en tout genre de cybersurveillance, il n’y en a pas des masses dans la police. Culturellement, c’est très différent; ça n’attire pas le même genre de personnes. Donc, il y a un problème de recrutement.

Le spécialiste précise qu’il serait possible de repérer les individus les plus inquiétants grâce à l’intelligence artificielle et à des algorithmes poussés. On n’ira pas très loin avec 1 million de dollars parce qu’il faut aller chercher des cerveaux. Et des cerveaux, ça se paye. En fait, c’est une équipe de cerveaux qu’il faut.

Il y a pire que 8chan

Les tireurs de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, et d'El Paso avaient tous deux manifesté leurs intentions meurtrières sur le forum de discussion 8chan, réputé pour les discours haineux que l’on peut y lire.

Mais ce n’est pas de 8chan qu'il faut s’inquiéter le plus, selon Jean-Philippe Décarie-Mathieu. Plusieurs autres plateformes, inconnues des policiers, comme Gab, sont de véritables nids de radicalisation. [Gab], c’est un aimant à opinions racistes, homophobes, sexistes, affirme le spécialiste. 8chan a l’air d’un enfant d’école en comparaison.

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