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Le dégriffage, une « mode » qui passera, selon l’Ordre des médecins vétérinaires

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Le dégriffage, une « mode » qui passera, selon l’Ordre des médecins vétérinaires

Audio fil du mardi 23 juillet 2019
Un chat couché sur un lit s'étire en sortant ses griffes

Dégriffer les chats est une pratique interdite au Royaume-Uni, en Europe, en Australie et dans plusieurs villes en Californie.

Photo : CBC/Julian Brown

Le Québec n'emboîtera pas le pas à l'État de New York, qui est le premier à interdire le dégriffage aux États-Unis. Au Canada, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et la Colombie-Britannique ont déjà banni ce type d'opération. La présidente de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, Caroline Kilsdonk, mise plutôt sur un changement de mentalité de la part des propriétaires de chats.

Caroline Kilsdonk rappelle que la profession de vétérinaire est régie par deux lois : la Loi sur les médecins vétérinaires et le Code des professions. Ces lois ne nous permettent pas d’être une autorité réglementaire en bien-être animal, affirme-t-elle. Nous sommes une autorité réglementaire sur la façon d’exercer la médecine vétérinaire par nos membres.

On ne peut pas encore dire que c’est complètement en dehors des normes de la profession de pratiquer cette chirurgie.

Caroline Kilsdonk, présidente de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec

Malgré tout, les vétérinaires se font un devoir de bien informer leurs clients des risques que représente la phalangectomie (l’opération qui consiste à enlever les griffes). Lorsqu’une telle intervention leur est demandée, ils sont tenus de faire connaître les solutions de rechange, comme la taille régulière des griffes et l’utilisation de capuchons pour les recouvrir.

La présidente de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec rappelle que la phalangectomie consiste à amputer la dernière phalange des doigts de l’animal. C’est une intervention chirurgicale qui demande la prise de médicaments contre la douleur sur une plus longue période qu’une opération qui ne touche que la peau ou les muscles.

Elle ajoute que, comme toute opération, le dégriffage comporte des risques de complications, en plus de modifier le comportement de l’animal.

« Il ne faut pas considérer cette opération comme une opération de routine, comme ce l’était il y a 20 ou 30 ans », affirme Caroline Kilsdonk.

Elle compare le dégriffage à la circoncision et à l’ablation des amygdales, deux pratiques médicales qui étaient courantes il y a quelques années et qui ont aujourd’hui presque disparu. Elle est convaincue qu’à force de sensibiliser les gens quant aux conséquences de cette intervention, ces derniers cesseront un jour de la demander.

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