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Le Green Blood Project, une enquête mondiale sur les crimes de l’industrie minière

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Le Green Blood Project, une enquête mondiale sur les crimes de l’industrie minière

Audio fil du mardi 18 juin 2019
Des mineurs marchent dans une galerie.

Une mine en Afrique

Photo : Reuters / Mike Hutchings

Une quarantaine de journalistes du monde entier ont décidé de reprendre le travail de leurs confrères assassinés en enquêtant sur des scandales environnementaux de l'industrie minière. Le Green Blood Project, dirigé par le collectif Forbidden Stories, dont Laurent Richard est le directeur général et fondateur, met au jour les crimes commis par les entreprises minières contre l'environnement et les humains.

Avec Forbidden Stories, ce qu’on essaie de faire, c’est vraiment d’envoyer un message fort : "Vous avez tué le messager, mais vous n’arrêterez jamais son message", explique Laurent Richard.

Au moins 13 journalistes ont été tués dans le monde depuis 2009 parce qu’ils enquêtaient sur des scandales environnementaux de l’industrie minière. Selon Laurent Richard, peu importe où ils se trouvent, que ce soit en Tanzanie, au Guatemala ou en Inde, les journalistes qui enquêtent sur des entreprises minières sont tous confrontés aux mêmes obstacles : La plupart du temps, les menaces contre les journalistes, voire les cas de violence, sont le fait d’intermédiaires locaux, non pas des entreprises directement, ni même des États, mais des intermédiaires qui profitent de cette corruption faite localement par les entreprises ou les autorités.

C’est quand les journalistes commencent à enquêter et à révéler des faits qui mettent en danger une sorte d’écosystème corrompu localement qu’ils sont extrêmement exposés.

Laurent Richard, directeur général et fondateur de Forbidden Stories

Laurent Richard soutient que l’industrie minière manque particulièrement de transparence et qu’elle est le théâtre de nombreuses violations des droits de la personne, de sandales de corruption et d’atteintes à l’environnement. C’est pourquoi le Green Blood Project s’est penché sur ce secteur en particulier de l’économie mondiale. Parmi les sujets environnementaux qui étaient les plus épineux, les enquêtes sur l’industrie minière sont des enquêtes toujours extrêmement dangereuses, où il y a une sorte d’État dans l’État dans les pays, affirme Laurent Richard.

Pour lui, poursuivre les enquêtes des journalistes qui ont été assassinés, c’est une façon d’apporter une réponse globale à une menace globale contre la liberté de la presse et contre le devoir d’informer.

Si le sujet peut sembler loin pour les Occidentaux, Laurent Richard souligne que des entreprises nord-américaines et européennes sont citées dans le Green Blood Project pour leurs atteintes à l’environnement ou aux droits de la personne. L’enquête s’est notamment intéressée à une mine dans le nord de la Tanzanie opérée par une société britannique dont le principal actionnaire est la société canadienne Barrick.

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