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Isabelle Richer
Audio fil du vendredi 14 juin 2019

Une bande dessinée pour parler (enfin) d’avortement

Publié le

Dessin montrant une jeune femme triste assise sur un lit en train de parler su téléphone.
Une scène du roman graphique "Il fallait que je vous le dise" d'Aude Mermillod.   Photo : Aude Mermillod/Casterman

Aude Mermillod avait 24 ans lorsqu'elle s'est fait avorter, une décision qu'elle ne regrette pas, même plusieurs années plus tard. Néanmoins, une interruption volontaire de grossesse (IVG) demeure une expérience émotive et Aude Mermillod aurait aimé être mieux informée sur le sujet. Pour accompagner les femmes qui passeront par le même processus, elle a décidé de raconter son propre avortement, sous forme de bande dessinée, dans le livre Il fallait que je vous le dise.

Ce qui m’avait vraiment marquée, c’était de voir à quel point il y a un déficit de mots, et surtout de récits, autour de l’avortement, et à quel point on se retrouve seule avec plein de sentiments assez confus, explique-t-elle.

Alors que plusieurs pensent que le combat du droit à l’avortement a été gagné, en France comme au Québec, Aude Mermillod soutient que cette pratique est encore tabou et qu’elle est source de malaise dans la société. Il y a une culpabilité autour de ça qui existe toujours, déplore-t-elle.

Elle-même s’est déjà fait dire par des gens qu’elle estime que son avortement était compréhensible et acceptable, parce qu’elle était jeune au moment où c’est arrivé et qu’elle portait un stérilet.

Aude Mermillod mentionne que de plus en plus de médecins en France refusent de pratiquer des IVG, ce qui fait que certaines régions sont très mal desservies. Les femmes sont alors obligées de parcourir plusieurs kilomètres pour avoir accès à ce service.

L’autrice se demande aussi pourquoi l’avortement n’est pratiquement jamais abordé dans les écoles.

Avec sa bande dessinée, elle souhaite banaliser les IVG et déconstruire les tabous qui entourent la fertilité de la femme dans son ensemble, que ce soit dans les cas de fausses couches, d’infertilité, etc. Si on annonce une grossesse au bout du premier mois, on a presque l’impression d’être folle, illustre-t-elle. Donc, pour moi, il y a quelque chose qui parle de notre société et qui parle du fait qu’on n’arrive pas à accueillir ces événements-là.

Mieux au Québec?

Aude Mermillod estime que les esprits sont plus ouverts au Québec qu’en France en ce qui a trait à la fertilité des femmes. Je trouve qu’au Québec, il y a un féminisme qui est beaucoup plus ancré et que les femmes ont beaucoup plus le choix, dit-elle.

Elle soutient qu’en France, les femmes sont beaucoup plus jugées pour les choix qu’elles font concernant leur désir ou non d’avoir des enfants.

Le point de vue du médecin

Aude Mermillot s’est associée au médecin et écrivain Martin Winkler, qui pratique des avortements. Le livre raconte donc l’histoire d’une femme qui se fait avorter, mais aussi celle d’un médecin qui a l’habitude d’accompagner les femmes dans ce processus.

Selon Aude Mermillot, le Dr Winkler a dû déconstruire ce qu’il avait appris dans les écoles de médecine. Elle explique que c’est au contact de ses collègues féminines ayant grandi dans des milieux défavorisés qu’il a appris comment accompagner les femmes qui se font avorter : La première chose, c’est d’écouter les patientes, de ne pas les juger et de les accueillir comme elles arrivent. Il n’y a personne qui t’a donné comme mission de les sauver malgré elles. Donc, si elles viennent à leur quatrième IVG, toi, tu es là pour les entourer, faire en sorte que ça se passe le mieux pour elles.

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