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Isabelle Richer
Audio fil du vendredi 7 juin 2019

Cuisiner pour un dictateur

Publié le

Kim Jong-il, ancien dictateur de la Corée du Nord
Kim Jong-il, ancien dictateur de la Corée du Nord   Photo : Reuters

Kenji Fujimoto a été le chef sushis du dictateur nord-coréen Kim Jong-il de 1988 à 2001. Pendant ces 13 années à côtoyer le dirigeant de la Corée du Nord, il a été un témoin privilégié de sa vie privée. Ses écrits sont réunis dans le livre Le cuisinier du dictateur, dont la préface est signée par l'historienne-coréanologue Juliette Morillot.

Kenji Fujimoto n’a pas seulement été le chef privé de Kim Jong-il, père de l’actuel dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-un : il a été presque un ami pour le dictateur, selon Juliette Morillot.

Le Japonais a ainsi été témoin du faste et du luxe dans les domaines privés du dirigeant nord-coréen, dotés de multiples piscines et pistes de motomarine.

Finalement, il ne va pas nous expliquer beaucoup de choses sur l’état de la Corée du Nord à l’époque, mentionne l'historienne

Car à cette époque, la population nord-coréenne était loin de vivre dans l’opulence. La chute de l’URSS a privé la Corée du Nord de tout son soutien, plongeant le pays dans une famine qui fera entre 2 millions et 4 millions de morts. C’est le côté probablement choquant et scandaleux du livre, parce que, hormis les enclaves domaniales où l'on mène une vie extrêmement luxueuse, la population meurt de faim, souligne la coréanologue.

Fidèle au régime

Un jour, Kenji Fujimoto a été accusé d’espionnage par le régime de Kim Jong-il. Il est donc rapidement retourné au Japon en prétendant aller chercher des ingrédients précieux, et il y est resté. Il va vivre dans l’anonymat et dans la peur pendant plusieurs années, indique Juliette Morillot.

Malgré tout, le chef cuisinier a toujours parlé de Kim Jong-il avec beaucoup de respect dans ses écrits, ce qui lui a valu la faveur des Nord-Coréens. Il est resté finalement assez fidèle au régime, et aujourd’hui, Fujimoto est retourné en Corée du Nord, où il ne craint plus rien, et il a même ouvert un restaurant à Pyongyang ouvert à la population, raconte l’historienne.

Une nouvelle Corée

Juliette Morillot précise que la Corée du Nord dépeinte par Kenji Fujimoto n’est pas celle que l’on connaît aujourd’hui et qui est plus ouverte sur le monde.

Paradoxalement, de la famine est née toute une frange d’entrepreneurs qui est un peu à l’origine de la Corée du Nord d’aujourd’hui, explique-t-elle. Ces entrepreneurs ont introduit dans le pays une forme de propriété privée en ayant des commerces, dont des restaurants, ouverts à la population.

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