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Everest : pourquoi autant d’achalandage et autant de morts?

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Everest : pourquoi autant d’achalandage et autant de morts?

Audio fil du vendredi 24 mai 2019
Une longue file d'alpinistes s'étire du sommet de l'Everest.

On aperçoit sur cette photo de Nirmal Purja des dizaines d'alpinistes ont dû attendre pendant de nombreuses heures pour atteindre le sommet de l'Everest en raison de l'achalandage intense sur la piste.

Photo : Radio-Canada / @nimsdai/Project Possible

La photo montrant des alpinistes qui font la file au sommet de l'Everest a suscité de nombreuses réactions sur Internet. Mercredi, plus de 200 personnes tentaient de gravir le plus haut sommet du monde au même moment. Au cours de la présente saison d'ascension, huit grimpeurs ont perdu la vie. L'alpiniste Mario Dutil, qui est le cinquième Québécois à avoir gravi le mont Everest, explique pourquoi autant de personnes sont au rendez-vous sur la montagne, au péril de leur vie.

Il n’y a que deux moments dans l’année où l’on peut escalader l’Everest : en mai et en décembre. Selon Mario Dutil, la fenêtre pour faire l’expédition n’est que de deux semaines. À l’extérieur de cette fenêtre, les risques sont beaucoup trop grands.

S'il y a eu autant de personnes soudainement qui sont arrivées au même moment sur l’arête, je présume que [c'est parce que] la météo n’a pas été belle durant les dernières semaines, précise l'alpiniste, qui fait remarquer que nous sommes en fin de saison d’ascension et que les pluies s’en viennent, ce qui fait augmenter les risques d’avalanche. Les grimpeurs se pressent donc pour pouvoir atteindre le sommet.

Savez-vous quoi? Ce sont des victimes des changements climatiques. On est rendu avec des climats tellement bizarres.

Mario Dutil, alpiniste

L’alpiniste décrit aussi le chemin permettant d’atteindre le sommet comme une arête pointue de seulement 50 centimètres de largeur. Une seule personne à la fois peut l’emprunter, que ce soit pour monter ou descendre. Donc, ceux qui étaient en haut ont été piégés, ils ne pouvaient pas redescendre parce que le chemin était occupé par ceux qui désiraient monter, explique Mario Dutil.

Les personnes qui attendent au sommet souffrent de désaturation en oxygène. L’alpiniste souligne qu’il n’y a que 20 % d’oxygène à cette altitude, et que le corps humain réagit comme si c’était 6 %. C'est comme se mettre un sac de poubelle sur la tête, un élastique autour du cou, une paille dans la bouche et courir sur 10 kilomètres en faisant du jogging, illustre-t-il.

Toute la zone située au-delà de 7400 mètres d’altitude est appelée zone de la mort parce qu’il n’y a pas assez d’oxygène pour y rester en vie. Donc, à chaque respiration que l’on fait, on meurt doucement, affirme-t-il.

Les alpinistes qui restent trop longtemps au sommet s’affaiblissent, deviennent apathiques et perdent tranquillement la vie. Lorsque nous avons atteint le sommet, même moi, je me suis dit que je ne m’assiérais pas, de peur de ne pas me relever, raconte l'alpiniste, qui n'est resté sur le toit du monde qu’une trentaine de minutes, tout au plus, le temps de prendre quelques photos.

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