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Isabelle Richer
Audio fil du mercredi 15 mai 2019

Retirer les flèches d’une église, une atteinte au patrimoine?

Publié le

Une vieille église en pierre avec deux tours à clochers.
L'église St-Romuald de Farnham.   Photo : Courtoisie / © MRC Brome-Missisquoi

Le Devoir rapportait ce matin que le clocher de l'église Saint-Romuald, à Farnham, menaçait de s'effondrer. Les moyens financiers pour le restaurer étant limités, les propriétaires s'interrogent à savoir s'ils ne devraient pas retirer les flèches des deux tours pour les remplacer par un toit plat, ce qui allégerait la charge sur la structure. Luc Noppen, spécialiste du patrimoine religieux, n'y voit pas d'inconvénient.

Bien que l’église Saint-Romuald soit certainement un emblème du paysage de Farnham, Luc Noppen, professeur à l’Université du Québec à Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le patrimoine urbain, ne croit pas que le retrait des flèches serait une atteinte au patrimoine.

« Un bâtiment complet dans son état d’origine est toujours plus intéressant. Maintenant, on comprend qu’il y a beaucoup de monuments qui, au fil des ans, ont subi des pertes ou sont devenus lacunaires, indique-t-il. [...] On est mieux d’avoir une église sans flèches que pas d’église du tout », affirme-t-il.

Il cite d’ailleurs l’exemple de l’église Saint-Coeur de Marie, à Québec, qui a été restaurée pour environ 600 000 $, mais sans qu'on se soucie de la base de l’église qui était en mauvais état. Pour Luc Noppen, il vaut mieux donc solidifier l’église et voir avec l’argent restant dans les coffres s’ils ont les moyens de reconstruire ou non les flèches.

De nos jours, ce sont les paroissiens qui assurent le financement de l’entretien des églises. Or, ils sont de moins en moins nombreux à fréquenter ces lieux.

Il faut penser à un nouvel usage qui apporterait d’autres fonds ou qui justifierait l'investissement public d'autres fonds.

Luc Noppen

« Il faut absolument qu’autour de chaque objet patrimonial se constitue une communauté patrimoniale. Il faut des gens qui vont porter un projet, s’investir dedans, et ne pas juste dire : “On attend que la ministre nous envoie un chèque.” Sinon, c’est un cul-de-sac », mentionne-t-il.

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