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Isabelle Richer
Audio fil du lundi 13 mai 2019

Ces extrémistes qui s’approprient le Moyen Âge

Publié le

Des manifestants derrière une barricade sur laquelle on y voit une banderole où il est écrit «White Pride».
Ces suprémacistes blancs utilisent la croix celtique comme symbole, aux États-Unis.   Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Le phénomène n'est pas nouveau, mais il préoccupe les spécialistes du Moyen Âge : des groupes d'extrême droite s'approprient les symboles de l'époque médiévale pour en faire des outils d'exclusion. Il en a d'ailleurs été question lors du 54e Congrès international sur les études médiévales qui a eu lieu à Kalamazoo, au Michigan. Geneviève Pigeon, chargée de cours au Département de sciences des religions de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et chercheuse associée au Centre de recherche bretonne et celtique de l'Université Rennes 2, y a participé.

Ce sont des gens qui vont s’approprier des symboles très simples, explique Geneviève Pigeon. Je pense à l’iconographie des runes, par exemple, qui sont interprétées en dehors de leur contexte culturel ou sociohistorique. Une rune représentant la famille ou la nation peut ainsi devenir un symbole identitaire pour des suprémacistes blancs qui s'opposent à un supposé envahisseur non blanc.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que des gens reprennent des symboles du Moyen Âge et en détournent la signification. Geneviève Pigeon souligne que cette pratique était courante dans la France du 18e siècle et chez les nazis.

Plusieurs suprémacistes blancs ont une fascination pour le Moyen Âge, qu’ils associent à l’âge d’or de la race caucasienne. Pourtant, l’historienne rappelle que l’époque médiévale en est une de grandes migrations et de métissage des peuples.

Le Moyen Âge, c’est au minimum 1000 ans, et ça couvre tous les continents. Alors, cette image du Moyen Âge blanc et chrétien, il faut la dépasser.

Geneviève Pigeon, chargée de cours à l'UQAM et chercheuse au Centre de recherche bretonne et celtique

Geneviève Pigeon estime que les spécialistes du Moyen Âge ont la responsabilité de mieux informer le public sur leur champ d’études et de mettre en lumière la diversité de l’époque médiévale. Elle croit que l’absence des médiévistes de l’espace public a laissé le champ libre aux extrémistes, qui ont pu interpréter cette période de l’histoire à leur façon.

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