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Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 8 mai 2019

Le Giro, l’événement sportif qui a unifié l’Italie

Publié le

Gino Bartali lors de la 11e étape du Tour de France en 1950, entre Pau et Saint-Gaudens.
Gino Bartali lors de la 11e étape du Tour de France en 1950, entre Pau et Saint-Gaudens.   Photo : Getty Images / STF

En 1909, lorsque naît le Tour cycliste d'Italie, le pays n'en est pas vraiment un. Peu de choses unissent les provinces du nord et du sud de la péninsule, chacune ayant sa réalité et son dialecte bien à elle. Dans son livre Giro : la course la plus dure du monde dans le plus beau pays du monde, le journaliste Pierre Carrey raconte comment quelques champions cyclistes ont réussi à faire de l'Italie le pays qu'elle est aujourd'hui.

Le Giro voit le jour six ans après le Tour de France. Si l’événement français se veut la plus grande course cycliste, le Tour d’Italie se considère, quant à lui, comme la course la plus difficile. Organisé au printemps, le Giro est souvent marqué par les intempéries : tempêtes de neige, tempêtes de poussière, etc. C'est sans compter les routes montagneuses à travers les Alpes, les Dolomites et les volcans.

Le Giro est une création du nord de l’Italie. C’est à Milan, la capitale économique, que se trouvent les grandes marques de vélo de l’époque, qui vont contribuer au succès du Giro, indique Pierre Carrey.

Pendant ce temps, le sud vit une tout autre réalité, celle de la pauvreté et de l’analphabétisme. Naples est sujette aux épidémies de choléra et de malaria. Un terrible tremblement de terre au début du siècle a complètement désorganisé la région, mettant plusieurs personnes à la rue.

Pierre Carrey explique que, dans ce contexte, les organisateurs du Giro hésitent à faire passer les cyclistes dans les provinces méridionales : Le sud , c’est l’instabilité. Le sud, c’est la mafia. Le sud fait peur au nord. Le nord a aussi tendance à mépriser, à coloniser son sud.

Il faudra attendre 20 ans avant que les organisateurs du Tour cycliste d’Italie daignent faire passer la course en Sicile. C’est dans ce pays coupé complètement en deux, qui est encore une succession de provinces, que va se lancer le Giro, souligne Pierre Carrey. Le Tour d’Italie va être un des événements fondateurs dans l’histoire de l’Italie, car il va permettre à l’Italie de s’unifier en tant que nation.

Même le dictateur fasciste Benito Mussolini, qui voit d’abord le cyclisme comme un sport de pauvres, va se laisser gagner par la popularité de l’événement et en faire un outil de propagande nationale.

Contre la volonté de l’Église

Au début du 20e siècle, l’Église catholique ne voit pas du tout le Giro d’un bon œil. Les papes de l’époque se méfient de la modernité, et le vélo est alors considéré comme un outil moderne. Ils interdisent même aux prêtres d’utiliser ce moyen de transport, de peur que leur soutane se soulève sous l’effet du vent.

Il faudra attendre le cycliste Gino Bartali, dit le pieux, grand champion des années 40 et 50, pour que le clergé catholique change complètement son fusil d’épaule. Le pape cite Gino Bartali comme un exemple de courage, de bravoure, d’altruisme pour la jeunesse, raconte Pierre Carrey. Le vélo devient alors une espèce de symbole d’élévation qui est bien nécessaire pour l’Italie.

L’incomparable Fausto Coppi

Pour Pierre Carrey, s’il est un champion cycliste qui incarne le Giro, c’est bien Fausto Coppi. Coéquipier de Bartali, il se fait connaître en 1940, mais c’est après la Deuxième Guerre mondiale qu’il connaît sa véritable heure de gloire. C’est l’un des plus grands champions, non seulement de l’histoire du cyclisme, mais aussi de l’histoire du sport, soutient Pierre Carrey.

Selon le journaliste, Coppi est connu pour ses échappées-fleuves en montagne, son sens aigu du professionnalisme et son équipement toujours à la fine pointe de la technologie.

Il meurt tragiquement de la malaria, qu’il a contractée lors d’un voyage en Afrique. C’est un champion mort, embaumé de son vivant, martyr et héros tragique, et évidemment, l’histoire du sport se nourrit de ces grandes figures, affirme Pierre Carrey.

Une héroïne avant son temps

Une autre cycliste à marquer l’histoire du Giro est Alfonsina Strada, qui participe au Tour d’Italie en 1924. Elle est la seule femme à se mesurer à des hommes dans cette grande course, et elle réussit à la terminer. Elle deviendra une véritable héroïne pour les Italiens.

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