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L'animateur Martin Labrosse
Audio fil du lundi 22 avril 2019

Attentats au Sri Lanka : un expert met en doute la version officielle

Publié le

Une église a été soufflée par une violente explosion.
Des policiers et enquêteurs sri-lankais inspectent l’intérieur de l’église Saint-Sébastien, à Negombo, au Sri Lanka, à la suite d’attentats coordonnés qui ont fait plus de 290 morts le 21 avril 2019.   Photo : Getty Images

Dès le lendemain des attaques qui ont fait près de 300 morts dans des églises chrétiennes et des hôtels du Sri Lanka, les autorités du pays ont pointé du doigt l'organisation islamiste locale National Thowheeth Jama'ath (NTJ). Une telle conclusion surprend le chercheur Mark Bradley, du Centre d'études et de recherche sur l'Inde, l'Asie du Sud et sa diaspora.

Mark Bradley explique que la population du Sri Lanka est formée de deux peuples distincts : la majorité cinghalaise, principalement bouddhiste, et la minorité tamoule, qui regroupe des hindous, des musulmans et des chrétiens.

Il précise que depuis plusieurs années, la majorité bouddhiste s’en prend à la minorité musulmane. C’est ce même groupe majoritaire qui accuse les musulmans d’être à l’origine des attaques.

On voudrait, semble-t-il, nous faire croire que la minorité musulmane aurait, pour se venger, attaqué la minorité encore plus petite des chrétiens, affirme Mark Bradley. Ça, c’est difficile à comprendre pour le moment.

Il souligne également le caractère sophistiqué et inusité des attentats à la bombe, qui a fait dire aux autorités sri-lankaises que les kamikazes étaient soutenus par une organisation étrangère. C’est quelque chose qui, vraiment, sort de l’ordinaire, soutient-il.

On veut bien croire que ce soit une organisation externe, mais on n’a jamais vu ça. Que ces gens-là se déplacent dans un pays à majorité bouddhiste pour attaquer la troisième minorité, on ne comprend pas.

Mark Bradley, chercheur au Centre d'études et de recherche sur l'Inde, l'Asie du Sud et sa diaspora

Un endroit convoité sur l’échiquier mondial

Afin d’avoir un regard objectif sur le drame, des agents d’Interpol et de la police fédérale américaine (FBI) ont été envoyés au Sri Lanka pour mener des enquêtes. Leurs conclusions risquent toutefois de se faire attendre, selon le chercheur : Il se pourrait très bien qu’ils préfèrent quitter le pays avant de déclarer quoi que ce soit parce que s’ils mettaient en doute les prétentions du gouvernement, ça serait dangereux pour les Occidentaux.

Mark Bradley explique que le Sri Lanka est depuis longtemps convoité par deux puissances dans la région : la Chine et l’Inde. Cette dernière est alliée avec les États-Unis et les deux pays tentent d’établir leur influence sur la petite île de l’océan Indien. De son côté, la Chine nourrissait d’excellentes relations avec l’ancien gouvernement sri-lankais, qui lui a permis de faire de gros investissements sur son territoire.

Depuis de très nombreuses années, les deux principaux partis politiques sri-lankais se livrent une lutte acharnée pour le pouvoir, chacun appuyé par des puissances étrangères. Mark Bradley souligne qu’en cette période électorale au Sri Lanka, les attaques à la bombe prennent une tout autre dimension.

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