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Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 17 avril 2019

Le recours aux mères porteuses est une atteinte à la dignité humaine, selon une sociologue

Publié le

Gros plan sur le ventre d'une femme enceinte et les mains de celle-ci.
Une femme enceinte   Photo : iStock

La sociologue Maria De Koninck, professeure émérite au Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine de l'Université Laval, estime que l'on devrait interdire le recours aux mères porteuses, car il s'agit d'une atteinte à la dignité de ces mères et de leur enfant.

Dans son livre Maternité dérobée : mère porteuse et enfant sur commande, Maria De Koninck met en lumière l’expérience de ces femmes qui consacrent leur corps et neuf mois de leur vie à la réalisation du projet de famille de couples infertiles ou homosexuels, un aspect qui n’est pas assez abordé dans les débats, à son avis.

Ma prétention, c’est que ce n’est pas une solution, ça ne peut pas être une solution, parce que le recours aux mères porteuses nie la complexité, la profondeur et le caractère humain de la maternité, dit-elle.

Même si elle affirme ne pas juger les femmes qui décident d’être mères porteuses par générosité, la sociologue soutient que la position dans laquelle cette décision les met va à l’encontre de l’éthique : Il n’en reste pas moins que pendant neuf mois, elles sont, en quelque sorte, "asservies" au projet de quelqu’un d’autre, et ça, c’est une atteinte à la dignité humaine.

Un être humain ne peut pas être un moyen d’atteindre une fin.

Maria De Koninck, professeure émérite au Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine de l’Université Laval

Faire un enfant par contrat

Maria De Koninck considère aussi que le recours aux mères porteuses est une atteinte à la dignité des enfants. On met en cause leur dignité parce que le recours aux mères porteuses, c’est un contrat, explique-t-elle. Un enfant ne peut pas faire l’objet d’un contrat, c’est une atteinte à sa dignité en tant qu’humain.

Pour toutes ces raisons, la sociologue préconise une interdiction du recours aux mères porteuses plutôt qu’une légifération. On n’encadre pas une pratique qui est immorale, fait-elle valoir.

Elle donne l’exemple du travail des enfants, qui est totalement prohibé et non pas simplement encadré par des lois.

Maria De Koninck croit toutefois qu’il faut continuer de soutenir les couples qui désirent avoir des enfants et qui en sont incapables, en trouvant une autre manière de les aider.

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