Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Annie Desrochers
Audio fil du jeudi 4 avril 2019

Bob Morane : une lumière dans la Grande Noirceur du Québec

Publié le

Une image colorée sur laquelle on voit un homme tenir une femme au-dessus du vide avec un pistolet sur sa tempe, avec, en arrière-plan, un barrage hydroélectrique.
La couverture du livre "Terreur à la Manicouagan" de la série "Bob Morane", dont l'action se passe au Québec.   Photo : Ananké

À leur arrivée au Québec, au début des années 1950, les romans Bob Morane avaient quelque chose de révolutionnaire : ils mettaient l'image à l'avant-plan. Ils n'ont eu aucune difficulté à séduire la jeunesse québécoise de l'époque, malgré leur caractère parfois outrageant aux yeux de l'Église catholique. Dans le livre Éditions Marabout, Bob Morane et le Québec, le bibliothécaire belge Jacques Hellemans explique l'histoire d'amour qui lie les Québécois à Bob Morane.

C'est au Russe Dimitri Kazan que l'on doit l'arrivée des livres de la série Bob Morane au Québec. Après la Deuxième Guerre mondiale, il s'est installé au Canada, emportant avec lui des exemplaires de Bob Morane. C'est lui qui a assuré leur mise en marché dans la Belle Province. Ses méthodes de marketing étaient plutôt étonnantes à l'époque : en vendant les livres dans des tabagies, il a contribué à les sortir des librairies.

Autre révolution : les romans étaient largement illustrés. C’est ce qui va frapper les jeunes de l’époque : avoir l’image, affirme Jacques Hellemans.

C’est la grande littérature, mais qui arrive avec des décors de cinéma.

Jacques Hellemans, bibliothécaire

Cela ne plaisait toutefois pas à l'Église catholique de voir la jeunesse québécoise dévorer des romans montrant des femmes légèrement vêtues et certains personnages à moitié dénudés. Certains exemplaires ont même été retirés des tablettes.

Une fleur aux Québécois

En 1964, Henri Vernes, l'auteur de Bob Morane, est venu passer quelques jours au Québec, où il a été accueilli en véritable héros par des milliers de jeunes. Jacques Hellemans précise que des écoles avaient même fermé leurs portes pour l'occasion.

Au cours de son séjour, il a visité, entre autres, les barrages de la Manicouagan, et quelque temps plus tard paraissait le livre Terreur à la Manicouagan, dont l'action se passe au Québec.

Quand on demande au bibliothécaire ce qui explique l'engouement pour le personnage de Bob Moran à une époque où c'était la Grande Noirceur au Québec, voici ce qu'il répond : On avait soif d’aventures, on se cherchait un héros, et je crois que c’était le modèle rêvé.

Chargement en cours