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Annie Desrochers
Audio fil du mardi 26 mars 2019

Un survivant du génocide rwandais raconte comment sa mère a voulu le tuer

Publié le

Des réfugiés rwandais fuyant Kigali durant la guerre civile, le 11 mai 1994.
Il y a 25 ans, le Rwanda sombrait dans une tragédie humanitaire   Photo : AFP / AFP/Gérard Julien

Qui pourrait croire qu'un jour, sa vie serait menacée par sa propre mère? Le récit d'Albert Nsengimana peut sembler inimaginable, mais il s'agit bel et bien d'une histoire vraie. Dans le livre Ma mère m'a tué, il raconte comment il a échappé de justesse à sa mère hutue. Hélène Cyr a contribué à l'écriture du livre, et c'est en partie grâce à elle que cet ouvrage a pu voir le jour.

Hélène Cyr est une habituée du Rwanda. Un jour de 2011, elle lit dans un journal local l’histoire d’Albert Nsengimana et apprend son désir d’écrire un livre. Désireuse de l’aider, elle entre en contact avec lui et lui propose de l’accompagner dans son projet.

L’histoire d’Albert, c’est celle d’un petit garçon de sept ans qui a vu du jour au lendemain sa mère hutue se retourner contre sa propre famille, dont le père est un Tutsi. Albert Nsengimana a vu ses huit frères et son père trouver la mort. Lui-même était promis au même destin tragique, mais il a réussi à s’échapper et à se cacher jusqu’à la fin de la crise. Je pense que c’est inimaginable et que c’est incompréhensible, donc il ne faut pas essayer de le rationaliser, affirme Hélène Cyr.

Longtemps, Albert Nsengimana a nourri un désir de vengeance. En même temps, il s’est senti coupable d’avoir fait emprisonner sa mère lorsque le génocide a pris fin. Selon Hélène Cyr, Albert Nsengimana a réalisé un jour que son sentiment de vengeance était en train de le détruire. Il a donc décidé de pardonner à ceux qui lui avaient fait du mal. Par contre, il a toujours ce besoin de se faire demander pardon par ses bourreaux, souligne Hélène Cyr. Demande qu’il ne pourra malheureusement pas obtenir de sa mère puisqu’elle est décédée.

S’il était ici, je pense que la phrase qu’il dirait serait "Pardonnez, mais n’oubliez jamais."

Hélène Cyr, coautrice de Ma mère m'a tué

Albert Nsengimana n’a donc aujourd’hui plus aucun désir de vengeance. Il n’est même pas capable d’écraser une fourmi parce que pour lui, pendant le génocide, les animaux étaient plus humains que les humains, explique Hélène Cyr. Il a dormi à côté de serpents qui n’ont pas bougé.

Elle précise qu’il subsiste peu de traces du génocide au Rwanda. Hutus et Tutsis se sont entremêlés et les cartes d’identité ont été abolies.

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