Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Annie Desrochers
Audio fil du vendredi 22 mars 2019

L’affaire Delorme : quand un prêtre soupçonné de meurtre a échappé à la prison

Publié le

Photo en noir et blanc d'un homme portant des lunettes.
L'abbé Adélard Delorme   Photo : Canada Wide

En 1922, il était impensable d'accuser un homme d'Église de meurtre. C'est pourtant ce qui est arrivé dans l'affaire Delorme. Mais même après quatre procès et un amoncellement de preuves, l'abbé Adélard Delorme a réussi à échapper à la prison. L'auteur Michel Viau a décidé de raconter cette histoire tout en images dans le roman graphique L'affaire Delorme.

Le 7 janvier 1922, le cadavre de Raoul Delorme était découvert dans le quartier Snowdon, à Montréal. Très vite, les soupçons des policiers se sont portés sur le frère de la victime, l’abbé Adélard Delorme. L’abbé changeait sa version au fil de ses rencontres avec les policiers, alors ça a éveillé rapidement les soupçons, explique l’auteur Michel Viau.

Peu de temps après, les policiers trouvaient, dans la voiture du frère de la victime, une arme à feu, qui correspondait aux balles qui ont tué Raoul Delorme. Seul l’abbé avait accès au véhicule.

L’auteur Michel Viau précise qu’à cette époque, la balistique était encore peu connue. L’affaire Delorme est d’ailleurs le premier procès en Amérique du Nord où des preuves balistiques ont été soumises. La chose était tellement nouvelle qu’il a fallu expliquer aux jurés comment fonctionnait cette nouvelle technique. Comme la science judiciaire en était à ses balbutiements, ce n’était pas encore pris très au sérieux, affirme Michel Viau.

C’est peut-être ce qui explique, en partie, l’acquittement de l’abbé Delorme. Michel Viau affirme toutefois que son statut d’homme religieux faisait de lui un être presque intouchable dans le Québec des années 20. Les policiers marchaient sur des oeufs parce que ça ne s’était presque jamais vu, au Canada, un prêtre accusé de meurtre, dit-il.

Selon l’auteur, les policiers qui enquêtaient sur le meurtre ont été indirectement intimidés par le clergé. Dans les écoles et les églises, on invitait les fidèles à prier pour que l’abbé Delorme s’en tire. Un curé serait même allé voir la femme de l’un des policiers pour la convaincre de laisser son mari.

D’abord jugé fou, l’abbé Delorme a subi deux autres procès qui ont avorté, car les jurés ne s’entendaient pas sur un verdict. Au quatrième procès, il a finalement été acquitté. C’est quand même assez abracadabrant de voir que, malgré l’amoncellement de preuves indirectes, le prêtre s’en soit tiré aussi facilement, souligne Michel Viau.

Adélard Delorme a donc pu jouir tranquillement de sa fortune, qu’il a héritée de son frère assassiné. Il a aussi bénéficié de la prime d’assurance-vie qu’il avait contractée sur la vie de son frère, deux semaines avant que celui ne meure.

À écouter

Histoires d'Enquête

Chargement en cours