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Annie Desrochers
Audio fil du mardi 12 mars 2019

Une tarte par jour : regard sur le menu d’un bûcheron des années 40

Publié le

Photo en noir et blanc montrant deux hommes en train de rire en compagnie d'une petite fille. On voit des étagères remplies de conserves derrière eux.
Raymonde Beaudoin, à cinq ans, dans la cuisine d'un camp de bûcherons.   Photo : Les éditions du Septentrion

Raymonde Beaudoin connaît bien la cuisine des camps de bûcherons. Sa grand-mère et sa mère ont longtemps été cuisinières sur des chantiers. Son père a quant à lui été bûcheron pendant 22 ans. Elle-même a fréquenté de ces camps dans sa jeunesse. Dans son livre Recettes de chantiers et miettes d'histoires, elle raconte la vie dans les cuisines des camps de bûcherons et livre quelques-unes des recettes qui étaient en vogue à l'époque.

Le cook était un personnage important sur le chantier. C’est toujours sa cuisine qui était construite en premier au moment de monter le camp. C’est aussi lui qui avait les plus grosses journées. Raymonde Beaudoin raconte que sa grand-mère se levait dès 4 h 30 le matin pour faire du feu et réchauffer les bines. Les bûcherons prenaient leur déjeuner, puis ils quittaient le camp avec un lunch pour le dîner. Comme ils travaillaient parfois à plusieurs kilomètres du camp, et qu’ils étaient à pied, ils n’avaient pas le temps de revenir pour leur pause de mi-journée.

Le soir venu, il fallait remplir l’estomac de ces travailleurs affamés. Comme il n’y avait pas de viande dans les camps de bûcherons, le lard salé était la protéine à l’honneur. Les forêts de la Mauricie et de Lanaudière avaient beau regorger de gibier, et les lacs, de poissons, la chasse et la pêche étaient interdites. Les compagnies forestières n’avaient pas le droit de chasser ni de pêcher parce que c’était réservé à des clubs privés, souvent américains, indique Raymonde Beaudoin. Elle raconte que son père s’était déjà fait prendre avec des truites, qu’il avait pêchées pour sa femme enceinte. Cette infraction lui avait valu une amende de 15 $, qui équivalait à l’époque à presque 4 jours de travail.

Le lard était chaque soir accompagné d’une soupe aux pois ou à l’oignon, puis d’une tonne de desserts. Ça compensait l’absence de viande et ça leur faisait aimer les repas, explique Raymonde Beaudoin.

Ma mère cuisinait une tarte par jour par homme.

Raymonde Beaudoin, auteure

En plus des multiples tartes, les bûcherons avaient un grand choix de biscuits, de gâteaux et de poudings.

Tout cela a fait de la cuisine de chantier une gastronomie appréciée des travailleurs. Mon père en garde un bon souvenir, précise Raymonde Beaudoin. On mangeait bien dans les camps.

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