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Annie Desrochers
Audio fil du mardi 5 mars 2019

Pourquoi les injections de vitamine C sont-elles un sujet de débat?

Publié le

Nathalie Prud'Homme reçoit des injections intraveineuses de vitamine C.
Nathalie Prud'Homme reçoit des injections intraveineuses de vitamine C.   Photo : Radio-Canada / David Richard

Le vulgarisateur scientifique Olivier Bernard, alias le Pharmachien, a annoncé qu'il se retirait temporairement de la vie publique après avoir été la cible de plusieurs attaques en lien avec ses propos sur les injections de vitamine C. Le naturopathe Dugald Seely, du Centre de cancérologie intégrative d'Ottawa, et l'oncologue Elie Kassouf, du Centre hospitalier régional de Lanaudière, expliquent qu'il n'existe pas de consensus autour de ce traitement.

Dugald Seely a quelques patients qui reçoivent des injections de vitamine C dans leur traitement contre le cancer, dont certains Québécois. Contrairement au Québec, cette pratique est autorisée en Ontario. Le naturopathe utilise cette méthode pour réduire les effets négatifs de la chimiothérapie et améliorer la qualité de vie de ses patients, en leur donnant notamment plus d’énergie.

Dugald Seely ne peut toutefois pas attester de l'efficacité de ce traitement : C’est difficile de savoir individuellement si ça donne du bien ou non, mais si [les patients] disent ressentir un effet, c’est une preuve pour eux.

Tout le monde est d’accord pour dire que ça prend plus de recherches là-dessus.

Dugald Seely, naturopathe

L’oncologue Elie Kassouf abonde dans le même sens. Malheureusement, jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas d’études qui se sont rendues au bout de toutes les étapes pour donner une preuve à la communauté médicale qu’on peut donner [les injections de vitamine C] à tout le monde, explique-t-il.

Il précise que personne n’est contre ce traitement et que lui-même est très curieux d’en savoir plus sur son efficacité.

Ce qui n’est pas encore clair pour nous, ce sont les interactions qui peuvent arriver, souligne l’oncologue. Il affirme que la vitamine C peut avoir une incidence sur la chimiothérapie, mais qu’on ne sait pas encore si c'est négatif ou positif, ni à quelle dose. Il ajoute que même si on avait des preuves que la vitamine C rend la chimiothérapie plus efficace, encore faudrait-il savoir quelle est la meilleure façon de l’administrer.

On ne veut pas des inconnus, on veut quelque chose qui puisse être crédible, fait valoir Elie Kassouf.

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