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Annie Desrochers
Audio fil du mardi 12 février 2019

Les générations existent-elles vraiment?

Publié le

Un homme aux cheveux blancs assis devant un ordinateur en compagnie d'un homme plus jeune.
Deux travailleurs de différentes générations   Photo : getty images/istockphoto / nortonrsx

Dans son livre Millennial Burn-Out, le journaliste français Vincent Cocquebert lève le voile sur ce qu'il appelle « l'arnaque des générations » et détruit les préjugés entourant les millénariaux.

Vincent Cocquebert travaille pour Twenty, un journal écrit par des jeunes de moins de 25 ans qui s’adresse à cette catégorie de lecteurs. À force de côtoyer ces journalistes en herbe, il s’est rendu compte qu’ils ne correspondaient pas du tout aux préjugés que l’on pouvait avoir des millénariaux, généralement dépeints comme des êtres infidèles aux marques et à leur employeur, instables, narcissiques et qui n’ont peur de rien. Je confrontais ces stéréotypes à la réalité en les faisant écrire, et je me suis rendu compte qu’ils étaient complètement aux antipodes de l’image qu’on s'en faisait, raconte-t-il.

Selon Vincent Cocquebert, une autre génération a elle aussi été victime de préjugés non fondés : celle des baby-boomers. Vers la fin des années 1960, on a commencé à parler de cette fameuse jeunesse rebelle, avide de consommation et de nouveautés. On se rend compte que ces stéréotypes-là, quand on regarde les études de l’époque, ne correspondent pas du tout aux aspirations des jeunes, qui sont plutôt dans une insécurité, qui ne comprennent pas très bien le monde dans lequel ils arrivent, indique le journaliste.

Vincent Cocquebert soutient que les deux seuls moments dans l’histoire où on a inventé une génération avant même qu’elle ait réellement pris forme sont lorsque les baby-boomers sont arrivés, puis les millénariaux. Ce qui est troublant, c’est que chaque fois, c’est un peu des mouvements de basculement civilisationnel, souligne-t-il. Il rappelle que les baby-boomers ont émergé en même temps que l’ère postindustrielle, tandis que les millénariaux sont généralement associés à la postmodernité.

Les générations, un concept de marketing et de gestion

Le journaliste explique que le terme génération Y, qui désigne les millénariaux, a été employé pour la première fois dans un magazine de marketing, en 1993. À cette époque, les plus vieux de cette génération avaient seulement 13 ans, mais on les dépeignait déjà comme des consommateurs en quête de vérité, qui adoraient les messages publicitaires et qui voulaient rendre le monde meilleur. Une sorte d’image complètement fantasmatique, un peu comme une sorte de figure désirable pour des lendemains qui chantent sur fond de consommation, décrit-il.

De l’avis de Vincent Cocquebert, le concept de génération est aussi utilisé par les gestionnaires pour justifier certains bouleversements structurels dans leurs entreprises. D’un coup, les entreprises se désengageaient de la gestion des carrières, voulaient faire des réductions de coûts, et se sont dit qu’elles n’avaient pas besoin de promettre une ascension interne aux jeunes employés parce qu’ils allaient les quitter dans deux ans, explique-t-il.

Le concept de génération est-il encore pertinent?

À cette question, le journaliste français répond par la négative : J’ai l’impression qu’on tend plutôt vers une société de fin des âges. On se rend compte qu’entre 18 et 60 ans, on est dans une sorte d’homogénéisation des valeurs. Aujourd’hui, on peut consommer des produits, comme des films et des séries télé, qui se ressemblent, de 18 à 60 ans. J’ai l’impression qu’on se définit de moins en moins par son âge. On se définit beaucoup plus aujourd’hui par nos communautés émotionnelles, nos communautés d’adhésion, parfois aussi par notre classe économique.

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