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Annie Desrochers
Audio fil du mardi 22 janvier 2019

Dites-leur que je suis québécois : le cri du cœur d’un immigrant qui veut travailler

Publié le

Mensah Hemezdo derrière un micro dans un studio radio de Radio-Canada.
Mensah Hemedzo habite au Québec depuis 10 ans et il n’a jamais réussi à y trouver du travail dans son domaine.   Photo : Radio-Canada / Catherine Contant

Même si Mensah Hemedzo habite au Québec depuis 10 ans, il n'a jamais réussi à trouver du travail dans son domaine. Pourtant, ce ne sont pas les diplômes et l'expérience qui lui manquent : le doctorant en littérature française a enseigné à l'Université de Strasbourg, en France. Dans son livre Dites-leur que je suis québécois, il demande aux employeurs d'être plus ouverts à l'endroit des immigrants.

Lorsque le Togolais d’origine a quitté la France pour s’établir au Québec, la documentation du ministère de l’Immigration laissait entendre que les immigrants trouvaient un emploi dans leur domaine généralement au bout d’un an. La réalité a donc été une grande désillusion pour Mensah Hemedzo. Pendant des années, il a multiplié les candidatures pour enseigner au cégep ou à l’université, en vain.

J’ai été brisé, j’ai heurté un mur. Au bout de quatre ans à tourner en rond, j’avais des idées noires.

Mensah Hemedzo, immigrant

Mensah Hemedzo déplore que de nombreux gestionnaires préfèrent embaucher quelqu’un qui est né au Québec qui n’a pas d’expérience plutôt qu’un immigrant qui arrive avec un grand bagage. Je pense que les employeurs ont du mal à faire confiance à l’expérience étrangère, dit-il.

L’immigrant explique que le titre de son livre vient d’une discussion qu’il a eue avec un Québécois sur ses difficultés à trouver du travail : Je remarquais que d’autres personnes qui sortaient fraîchement de l’université passaient avant moi. Je racontais cette histoire à quelqu’un et il m’a dit : “C’est normal qu’on prenne les Québécois avant vous.” Je lui ai alors dit : “Mais monsieur, je suis québécois!” Il s’est mis à rire en me demandant de ne pas jouer sur les mots.

Le but de mon livre, c’est de dire à ces employeurs que, au-delà des statistiques, ce sont des drames que nous vivons. Ce n’est pas juste le taux de chômage qui est plus élevé chez les immigrants, ce sont des hommes et des femmes qui sont brisés.

Mensah Hemedzo, immigrant

C’est en Ontario que Mensah Hemedzo a fini par trouver un emploi comme enseignant. Malgré tout, il refuse de quitter le Québec, sa terre d’accueil, et préfère faire une heure de route pour aller travailler. « Je suis toujours profondément attaché au Québec », assure-t-il.

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