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Annie Desrochers
Audio fil du jeudi 17 janvier 2019

Produits pour être détruits : le grand gaspillage d’Amazon

Publié le

Un bout d'emballage en carton avec un grand logo d'Amazon imprimé dessus
Amazon   Photo : Reuters

Trois millions d'articles neufs ou très peu abîmés sont détruits chaque année par Amazon en France, a découvert le journaliste Guillaume Cahour. Son reportage, diffusé à l'émission d'enquête Capital, sur la chaîne M6, a eu des échos dans tout le pays, jusqu'au gouvernement français.

Guillaume Cahour explique que depuis quelques années, Amazon offre à des vendeurs tiers de stocker leurs produits dans ses entrepôts et de les vendre sur sa plateforme en en assurant la livraison dans un délai de 24 à 48 heures. En général, les ventes augmentent d’à peu près 30 % pour ces vendeurs, parce qu’ils ont la confiance du client, indique-t-il.

Le hic, c’est que lorsque ces vendeurs tiers ne parviennent pas à vendre leurs produits, les coûts mensuels d’entreposage imposés par Amazon deviennent exorbitants : ils passent de 40 $ le mètre cube à 750 $ après six mois, puis à 1515 $ au bout d’un an. Amazon offre alors deux options à ces vendeurs tiers : reprendre leurs articles invendus ou les détruire.

Si vous êtes un vendeur tiers qui est assez éloigné de l’entrepôt, ça revient très cher, souligne le journaliste. Faire revenir la marchandise revient plus cher que de la détruire.

Pourtant, Amazon a trouvé d’autres solutions pour sa propre marchandise invendue : l’entreprise en fait don ou elle la vend à des liquidateurs. Je ne comprends pas pourquoi Amazon ne veut pas proposer cette solution-là aux vendeurs tiers, affirme Guillaume Cahour. Qu’un camion de soldeurs ou un camion d’association vienne à l’entrepôt, ou un camion de poubelle, c’est un camion, quoi!

Il dit d'ailleurs avoir parlé à un vendeur chinois qui fait affaire avec Amazon et qui souhaiterait pouvoir faire don de sa marchandise invendue plutôt que de la jeter.

Le journaliste s’est aussi entretenu avec un ancien cadre d’Amazon, qui lui a expliqué que les articles détruits représentent seulement 3 % de tout ce qui est vendu sur Amazon et que cela constitue donc une goutte d'eau dans l’océan aux yeux de l’entreprise.

Ce n’est toutefois pas une goutte d'eau aux yeux de la secrétaire d’État à l’Environnement en France, qui a décidé d’inclure un article qui interdit la destruction d’objets invendus dans son projet de loi sur l’économie circulaire. Elle souhaite aussi rendre Amazon responsable de tous les produits vendus sur sa plateforme, y compris ceux des vendeurs tiers.

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