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Ouvriers du patrimoine, des spécialisations qui disparaissent

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Ouvriers du patrimoine, des spécialisations qui disparaissent

Audio fil du vendredi 4 janvier 2019
Une maison ancestrale en pierres avec du gazon vert.

La maison Charbonneau, construite en 1736, tombe en ruine à Laval.

Photo : Ministère de la Culture et des Communications / Jean-François Rodrigue

Rénover un édifice patrimonial nécessite des compétences particulières. Or, les travailleurs de la construction sont peu nombreux à connaître les techniques traditionnelles. Yves Lacourcière, ingénieur à la retraite, a documenté la situation dans son livre Accusé de non-assistance à patrimoine en danger.

« On perd continuellement 4000 bâtiments par année, on en défigure environ 20 000 et, depuis 1970, près de 40 % de notre patrimoine bâti est disparu, comme ça, sous les yeux du ministère de la Culture », dénonce Yves Lacourcière.

Même si l’on compte environ 100 000 travailleurs de la construction au Québec, très peu sont qualifiés pour intervenir sur les vieux bâtiments. Selon l’ingénieur à la retraite, les travailleurs sont formés pour les métiers industriels, c’est-à-dire qu'ils « prennent des matériaux standardisés et les assemblent comme des Lego ». Or, le patrimoine bâti nécessite des travailleurs aux compétences traditionnelles, comme des maçons, des charpentiers, des plâtriers, etc.

Selon Yves Lacourcière, lorsque le gouvernement québécois a légiféré au sujet de la protection du patrimoine en 1922, on comptait quelque 90 000 travailleurs de métiers traditionnels de la construction.

« Aujourd’hui, il en reste 500 pour entretenir un potentiel de 350 000 bâtiments anciens », estime-t-il. Il attribue le problème à la formation donnée aux apprentis travailleurs de la construction.

« À partir de 1969, la décision a été prise de ne faire aucune formation structurée dans les métiers traditionnels de la construction. [...] Le maçon, le charpentier, le menuisier, le couvreur, ces gens-là qui représentent 80 % des besoins, ils sont disparus », observe Yves Lacourcière.

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