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Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 2 janvier 2019

Crise des médias : les journaux ne sont pas au bout de leur peine

Publié le

Un homme aux cheveux blancs discute devant un micro au studio 17 de Radio-Canada.
Le professeur de journalisme Jean-Hugues Roy.   Photo : Radio-Canada / Stéphanie Dupuis

En 10 ans, plus de 260 journaux ont mis la clé sous la porte au Canada. Jean-Hugues Roy, professeur à l'École des médias de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), dresse le portrait des enjeux actuels de la crise médiatique au pays.

Alors que, traditionnellement, les médias vivaient de la publicité, aujourd’hui, ce modèle d’affaires est devenu insoutenable financièrement. Depuis quelques années, les géants du web tels que Google et Facebook détournent les profits de la publicité numérique.

« Sur toute la publicité numérique au Canada, il y en a 80 % qui sont dépensés sur Google, surtout sur YouTube et dans Facebook », mentionne Jean-Hugues Roy.

Pourtant, plusieurs médias parviennent à vivre tout en donnant leur contenu. Pour le professeur, il s’agit toutefois d’une fausse gratuité.

« Pour La Presse +, on paie pour. On achète des appareils pour consulter ce contenu-là. On achète des iPad, on achète de la connectivité à Internet, explique-t-il. [...] Il y a beaucoup d’argent qui se fait encore grâce à l’information. »

À son avis, le gouvernement fédéral pourrait faire un pas de plus en la matière en imposant des redevances non seulement sur les achats d’équipement, mais aussi sur les abonnements à Internet.

« Pourquoi s’abonne-t-on à Internet? C’est pour accéder à du contenu », croit-il.

Cette solution a déjà été vue dans le passé avec l'arrivée du câble, dont 5 % de la facture allait au financement des productions télévisuelles.

Une aide gouvernementale

Or, c’est sous une autre forme que le gouvernement a décidé de s’interposer dans le dossier de la crise des médias en offrant une aide de 600 millions de dollars sur les cinq prochaines années. Depuis le 1er janvier, les journaux sans but lucratif peuvent bénéficier de crédits d’impôt, et des citoyens peuvent leur faire des dons, notamment.

Ce ne sont pas tous les médias qui pourront bénéficier de cette aide. Le gouvernement a précisé que ces sommes seraient attribuées à des médias qui font du journalisme professionnel.

Une sélection qui n'est pas simple à faire, selon le professeur de l'UQAM : « Un média comme Québecor, qui refuse de répondre aux plaintes du public et qui poursuit même le Conseil de presse du Québec, est-ce qu’on peut qualifier ça de journalisme professionnel? »

Selon lui, le gouvernement pourrait décider, pour ces raisons, de ne pas financer ce média.

Jean-Hugues Roy croit fermement que le financement des médias de cette manière par le gouvernement n’est qu’une solution temporaire.

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